Site proposé aux membres d'une certaine Compagnie pour faire du jeu de rôle par forum (ou jdr pbp) sans polluer leur propre forum... et pas seulement le samedi.
 
AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Tristan, dessinateur affable

Aller en bas 
AuteurMessage
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Tristan, dessinateur affable   Mar 25 Oct - 0:55



Membre mineur de la famille royale d'Ambre, Tristan a passé la plus grande partie de sa vie loin du Cercle d'Or. Il fréquente depuis quelques temps le château d'Ambre, tour à tour émerveillé, effrayé ou déçu par ce qu'il y découvre. Le personnel a rapidement adopté le jeune artiste, rêveur et introverti, aux accès de grandiloquence un peu ridicules, mais toujours courtois et aimable. Ses oncles et tantes se méfient davantage, mais paraissent l'apprécier depuis qu'il a passé la Marelle, assumant ainsi son illustre héritage.

Sa mince silhouette est donc devenue familière. D'allure élégante, sans trop d'ostentation, Tristan oublie néanmoins souvent de coiffer ses cheveux bruns, mi-longs. Ses yeux bleu-vert s'illuminent devant les merveilles que recèlent Ambre, paysages, monuments ou jeunes dames. Son maintien irréprochable, son aisance à la Cour et ses talents de danseur traduisent sans doute une éducation aristocratique. Tristan respecte d'ailleurs l'étiquette avec soin et scrupules.

Le jeune chevalier a adapté ses couleurs, turquoise et or parfois rehaussées de noir, à la mode locale. Il préfère les vêtements légers, en soie ou dans d'autres tissus aussi solides que précieux. Boutons et fermetures, fibules, broches, épingles, aiguillettes ornées de ferrets, sont de véritables pièces d'orfèvrerie, des entrelacs finement ouvragés. Tristan ne s'encombre pas d'autres bijoux, à l'exception d'une chevalière gravée de son sceau.
Un accessoire le quitte rarement : une robuste ceinture de cuir brun, équipée d'une petite besace. Tristan chausse le plus souvent des bottes de cavalier, assorties à ce ceinturon. Il s'adonne volontiers à l'équitation mais reste aussi éloigné que possible des maîtres d'armes du château.

Son sceau a été dûment enregistré dans les registres : cinq nœuds celtiques formant une roue.



Ces derniers temps, Tristan a été aperçu aux quatre coins du château, un carnet de croquis à la main. Il n'hésite pas à demander, toujours avec délicatesse, la permission de  dessiner un portrait.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mer 9 Nov - 21:02

Atouts de Tristan

La famille de Tristan aux Cours.


Des auto-portraits.


Bleys, l'un de ses anciens professeurs, en plusieurs versions.

Un premier jet, au début de ses études, sur un fond à pleine crayonné.
Un second Atout, rendant davantage justice à son modèle, qui s'inspire de manière cocasse d'un événement récent.

Emetrios, un cousin trouvé en fâcheuse posture.

Le croquis initial a été  esquissé de mémoire - grâce à l'aide de Rinaldo.

Julian, un oncle qui a toujours intimidé Tristan.


Quelques projets...

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...


Dernière édition par Tristan le Mer 3 Jan - 14:11, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Dim 18 Déc - 19:41

Chanson d'Emetrios

Emetri-os, Emetri-os,
Ne cherche que plaies et bosses,
Emetri-os, Emetri-os,
Il courtise la Fosse.
Il se complaît des mort atroces
De ses soldats pau-vres gosses.

Emetri-os, Emetri-os,
Mercenaire sans attaches,
Emetri-os, Emetri-os,
Sans gloire et sans panache,
Son cœur est vide
Vide et béant
Et avide de sang...

Toute sa compagnie est décimée...
Le costume noir il va porter...
Ses meilleurs amis... ne sont plus là !

Emetri-os, Emetri-os,
Ceux qui le suivent encore,
Emetri-os, Emetri-os,
Il envoie à la mort !
Mort par l'épée
Mort par la flèche
Mais jamais de vieillesse...

Emetri-os, Emetri-os,
Capitaine, matamore,  
Emetri-os, Emetri-os,
Fasciné par la Mort...
Il vole toujours au devant d'elle,
Nuit et jour, à tire d'aile,
Il vole toujours au devant d'elle,
Amante cruelle...



Inspiré par...
Citation :
Albator, Albator
Du fond de la nuit d'or
Albator, Albator
De bâbord à tribord
Tu veilles sur la galaxie
Sur la liberté aussi

Albator, Albator
Le corsaire de l'espace
Albator, Albator
Même si tu parais de glace
Ton cœur est bon
Ton cœur est grand
Comme le cœur d'un géant

Le bel Atlantis est ton vaisseau
Le pavillon noir est son drapeau
Bibop, Nausica sont avec toi

Albator, Albator
Avec ton équipage
Albator, Albator
Tu prends à l'abordage
Au stellarpon
Au planotir
Tous les Spatio-Cargyrs

Albator, Albator
Capitaine au cœur d'or
Albator, Albator
Bien plus fort que la mort
Tu es toujours au rendez-vous
N'importe quand, n'importe où
Tu es toujours au rendez-vous
Toujours avec nous

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Lun 2 Jan - 0:36

Message effacé - l'atout de Bérenger a déplacé plus haut - Obéron peut effacer le présent message dès que possible.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...


Dernière édition par Tristan le Mar 3 Jan - 0:39, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:10

Journal en marge d'un carnet de dessins

Salle du trône d'Ambre, presque vide en ce milieu d'après-midi.

Je commence les esquisses préparatoires pour un Atout de Dame Margot. La maîtresse du protocole n'a pas autant de travail qu'elle le souhaiterait sous le règne de mon père, mais elle pourrait être une alliée utile dans cette cour étrange. L'étiquette informelle imposée par Random me déstabilise un peu, comme beaucoup de choses que font les Ambriens. Ou ne font pas.
Margot me rappelle les matrones de ma Maison, et même la duchesse Zeydon : une beauté sans âge, parée d'or, dont la courtoisie sans faille souligne plutôt qu'elle ne dissimule une volonté des plus inflexibles. Bien sûr, de nombreuses différences subsistent. Margot est vêtue d'argent plutôt que d'azur. Elle n'a pas de cornes sur la tête ni de crânes de démons désobéissants à la ceinture. Surtout, son sourire ne révèle pas des crocs avides mais une sage gaieté.
J'avoue avoir attiré mon modèle dans la salle du trône sous le fallacieux prétexte d'un cours de danse, qui s'est vite transformé en séance de pose, au grand amusement des gardes. En fait, je n'ai plus besoin de leçon de chorégraphie mondaine, depuis longtemps. Dans ce domaine, j'ai eu les meilleurs professeurs. Une fois à Ambre, j'ai appris les pas à la mode... au pas de course !

Donc, le visage délicat de Dame Margot prend forme sur la toile, lorsque le roi m'interrompt. Je pose mon fusain. Je n'ai pas si souvent l'occasion de parler avec mon demi-dieu de père. Random veut réunir toute la famille et a une mission à me confier. Je dois prévenir Emetrios, fils d'Eric, le roi martyr. Je me souviens un peu de ce cousin. Un bretteur maussade, préférant frayer avec la domesticité, au mépris de toutes les convenances.

Une réunion de famille ?  Je n'ai jamais vu le panthéon au complet. J'éprouve à cet instant un mélange d'excitation et de peur. Un frisson parcourt même mon échine, mais la fraîcheur des températures en est peut-être la cause. L' hiver s'annonce précoce.

Bien sûr, je refuse de décevoir Random. Je vais ramener Emetrios à Ambre le plus rapidement possible. Voyager à travers Ombre, depuis le centre de toute la réalité, prendrait bien trop de temps, alors qu'un simple contact d'Atout suffit. Je n'ai jamais eu le temps de peindre son image, mais peut-être sa carte figure-t-elle dans les jeux laissés à la disposition de la famille, à la bibliothèque ?

Bibliothèque d'Ambre, seul avec Rinaldo.

Je découvre que mon oncle Bleys a rationné les Atouts.



Cette décision surprenante améliore sans doute ma position au sein de cette cour, puisque je sais dessiner ces cartes magiques. Mais ma mission se complique.
Mon cousin Rinaldo, roi de Kashfa, consulte des atlas. Il accepte bien volontiers de me prêter assistance. Il a laissé une partie de ses Atouts chez lui, dont celui d'Emetrios. Cependant, il peut m'aider à terminer un croquis du fils d'Eric, doté de suffisamment de pouvoir pour un seul contact. Ses souvenirs complètent les miens.



Je me concentre sur notre œuvre. Emetrios m'apparaît. Sous une table, en bien fâcheuse posture. J'ai bien fait de me hâter, de toute évidence. Je tend ma main vers lui et le conduit à l'abri.

Bibliothèque d'Ambre, avec Emetrios et Rinaldo.

Je viens de sauver la vie d'Emetrios. Mon morose cousin a maintenant une dette envers moi. Je ne sais pas s'il est opportun de le souligner, tant il est déjà d'humeur chagrine. Le voilà qui déniche une bouteille d'eau-de-vie et entreprend de la vider. Je lui remets tout de même l'invitation de Random. Emetrios la lit en maugréant.

Il explique qu'une dizaine de chiens de l'enfer l'ont poursuivi à travers ombre. J'essaye de prévenir Random par Atout, en vain. Je contacte Vialle et constate que la reine supervise l'aménagement d'une aile du palais. De nombreux invités sont donc attendus, pour une durée indéterminée. Elle paraît très occupé, mais je lui transmets tout de même le message.

Emetrios continue de discuter avec Rinaldo. Il montre l'illustration d'un livre de conte et décrit une sorte de loup aux yeux verts, avec de grandes oreilles et une langue fourchue d'un pied de long. Nous manquons d'éléments pour identifier l'animal, mais Rinaldo évoque l'hypothèse de bêtes du Chaos. Je partage cet avis, mais je me garde bien de le dire à haute voix. Du reste, les personnes qui pourraient me renseigner sont trop loin pour être contactées par Atout.

Rinaldo nous salue avant de retourner dans ses appartements, voir son épouse. Je le remercie une fois de plus de son aide, tout en m'interrogeant sur les nombreuses rumeurs entourant Corail, la reine de Kashfa.

Bibliothèque d'Ambre, coincé avec Emetrios.

Je me retrouve en tête-à-tête avec mon atrabilaire cousin. Emetrios veut à tout prix enquêter sur les fauves qui ont manqué de le tuer. Il semble considérer ma participation dans cette entreprise comme acquise. Quitte à me traîner derrière lui.

Suivant le conseil de Vialle, et même si cela m'en coûte, je préfère appeler mon oncle Julian par Atout. Le dieu de la chasse, le grand veneur d'Ambre, le cavalier à la monstrueuse monture, le maître des hordes hurlantes d'Arden. Je dois le reconnaître, j'ai été marqué, durant mon enfance, par les cérémonies sanglantes se déroulant dans sa chapelle, cachée au cœur de la première Plaisance.



Julian m'écoute. Il estime qu'Emetrios n'était pas vraiment en danger, vu qu'il sait se servir d'une épée et s'entoure souvent de combattants. Je n'ai pas vu ces derniers sous la table où mon cousin s'était réfugié. Bref, il va tout de même prévenir ses hommes, nous en parlerons plus tard.

Un peu rassurés, Emetrios et moi nous séparons.

Chambre de Tristan.

Être fils du roi a ses avantages. J'occupe une vaste chambre, où j'ai pu aménager un espace de travail. L'inconvénient restant le chauffage, surtout en cette fin d'automne glaciale. Je demande à un valet de m'apporter du bois. Lorsque la température redevient confortable, j'étale mes Atouts sur mon bureau. J'essaye, encore une fois, de contacter mon autre famille.



En vain. Les Atouts n'atteignent pas l'autre extrémité de l'univers. Contrarié par ce nouvel échec, je passe une bonne partie de la nuit à recouvrir des pages de mon meilleur papier. Non pas de dessins, pour une fois, mais de calculs et de schémas. Je consulte tous les ouvrages à ma disposition sur le fonctionnement des Atouts. Il doit bien y avoir un moyen d'augmenter la puissance, la portée des cartes. Je me plonge dans ma mémoire. Lors de mes études dans la Plaisance de l'Esprit, j'avais fait de nombreuses expériences sur les ondes de toutes sortes. Peut-être qu'un ou plusieurs relais, alimenté par des sources d'énergie locales...

Je consacre donc l'essentiel de mon temps à l'étude. Après plusieurs heures, ou journées peut-être, exténué, je laisse mon crayon vagabonder sur le papier.



Ce qu'il faudrait, c'est une sorte de relais entre le Serpent et la Licorne, du côté de l'arbre servant de frontière entre les domaines du chaos et de l'ordre, le mythique Ygg. Comme une antenne redistribuant de l'énergie, de l'électricité. Ou quelque chose comme cela...

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:14

Jardins du Château d'Ambre, Chapelle de la Licorne, de bon matin.

La réunion de famille décidée par le roi aura lieu aujourd'hui. La journée commence par une cérémonie, un peu trop matinale à mon goût. Dois-je rivaliser d'élégance avec ma parentèle ?  Je préfère revêtir un costume dans lequel je me sente à l'aide. Je sors de mes valises le plus sobre et le plus confortable de mes manteaux : une belle redingote turquoise, aux gros boutons dorés. Avec un pantalon assorti et une épaisse chemise noire, elle fera l'affaire, même si la coupe et la couleur paraîtront sans doute un peu exotiques par ici.

Je m'apprête avec soin, échouant comme souvent à dompter ma sombre crinière. Je me demande parfois si mes capacités de métamorphe, latentes selon mes précepteurs, ne se manifestent pas dans mes cheveux. Juste pour me contrarier, me punir d'avoir choisi la Marelle plutôt que le Logrus. En tout cas, je n'arrive qu'à les aplatir un peu, à grands coups de brosse.

J'arrive un peu en avance, le temps de trouver une place près de Martin, mon demi-frère. Je ne reconnais pas tous les membres de l'assistance, notamment une jeune femme près de Gérard. Certains de mes parents font une entrée remarquée. Emetrios, en retard, est rejoint par un certain Dalt, qui essaye de le dérider. En vain, bien sûr. Martin et Rinaldo m'apprennent qu'il s'agirait d'un oncle, redoutable et revanchard. Un mercenaire haïssant Ambre - autrefois impliqué dans les intrigues de Rinaldo. Fiona fait venir via Atout Bleys et ses deux enfants, le trop brillant Béranger et une fille que personne ne connaît, Clara.

Le temps, froid et humide, me conforte dans mon choix de vêtement. Le roi d'Ambre arrive enfin, accompagné à ma grande surprise du nouvel empereur du Chaos. Il manque quelques-uns d'entre nous, Bénédict, Florimel et Corail, au moins. Mais les rituels vont pouvoir commencer.

J'observe les officiants, aux toges brodées de Licornes triomphantes. Un prédicateur des plus éloquents célèbre la légitimité de la famille royale à régner sur les ombres, puis rappelle celle-ci à ses devoirs. Je comprends que tous ceux qui ne l'ont pas déjà fait vont devoir prêter allégeance au roi. Dans la Passe Zeydon, chaque convention de vassalité aurait été négociée avec acharnement, chaque terme soupesé avec soin, chaque serment personnalisé à l'extrême. Nos matriarches ont très fortes à ce petit jeu. Ici, à Ambre, ce sera tout ou rien. Je m'inquiète de la réaction des dieux les plus querelleurs devant le reste du panthéon.

Le premier à devoir reconnaître Random comme suzerain est ce fameux Dalt, fils d'Obéron. Martin me glisse qu'il a survécu à un duel avec Bénédict. L'individu s'avère habile : il s'est assis à côté d'Emetrios et, par contraste, fait presque figure de boute-en-train. Il prête serment devant une assemblée tendue.

Je suis ensuite appelé. Cachant sans mal sans surprise, je me vois légitimé par Random et nommé Duc de l'île du Levant. Des émotions contradictoires m'assaillent. Réserver ma loyauté à Ambre et prendre ma place dans l'ordre de succession m'expose davantage que je ne l'aurais voulu. De bien des façons. Ce choix, pourtant, je l'ai fait il y a longtemps. Que dirait ma mère ?  Peut-être que c'est la forme que j'ai voulue, que je dois assumer et magnifier. Si le hiérophante à côté de mon père entendait mes pensées, il hurlerait sans doute au blasphème.

La cérémonie suit son cours. Les formalités m'apaisent. Cinq cousines, très différentes, se succèdent. Je note que Corwin, Fiona et Gérard n'ont pas présenté d'enfants. Bénédict et Florimel, tous deux absents, non plus.

Dans un labyrinthe végétal, près de la Chapelle, après la cérémonie.

La majorité des invités s'éclipse. J'entame une conversation avec son demi-frère. Martin semble désireux de connaître mon avis sur la cérémonie et les personnes qui y ont assisté... ou pas. Il m'entraîne dans un labyrinthe végétal, un peu à l'écart. Là, il me fait part de ses inquiétudes : l'absence de Bénédict lui paraît de fort mauvais augure. Il finit par me convaincre d'enquêter, avec discrétion, à ce sujet.



Une de nos cousines nous rejoint. Lystrella, fille de Caine, le dieu de la mort. Cette maîtresse femme plutôt délurée vient à peine de découvrir notre famille et sollicite quelques conseils. Devant cette inconnue, Martin retrouve sa prudence habituelle. Il sait mieux que personne qu'il ne faut tourner le dos à aucun de ses parents. Mon demi-frère incite Lystrella à la méfiance et à la mauvaise foi, deux alliées de poids à Ambre. Je complète son propos : nos aînés comprennent les manipulateurs et se défient des gens trop honnêtes. La fourberie est donc de rigueur. Lystrella manifeste sa déception.

Nous en venons à débattre de la reproduction des comportements parentaux et de la transmission des schémas familiaux... Je regrette de n'avoir pas autant étudié la psychologie lors de mes séjours dans la Plaisance de l'Esprit, lui préférant les sciences dures. Bref, nous convenons que les petits-enfants d'Obéron, moins traumatisés par le premier roi d'Ambre, pourraient être plus sociables et plus francs que leurs aînés.

En parlant de traumatisme : voilà Emetrios qui s'amène, Bérenger sur les talons. Ce dernier a également été attaqué par des loups. Mon lugubre cousin s'efforce une nouvelle fois de m'embrigader dans une expédition visant à retrouver le commanditaire de ces attentats. Les fauves qui ont manqué de le dévorer étaient suivis par des arbalétriers, bien décidés eux aussi à l'occire. Bérenger a le même but mais contredit Emetrios sur les méthodes. Le fils d'Eric envisage en effet un groupe de chasseurs le plus réduit possible, une poignée d'hommes à peine, se privant notamment de l'aide proposée par Victoire, la fille de Julian. Il préfère emprunter la voie des mers. Ses épanchements morbides et son flegme à évoquer son éventuelle disparition achèvent de me convaincre : l'individu est fasciné par la mort et se complaît dans la violence tout en étant horrifié par elle, en parfait masochiste. Il m'en coûte de l'écrire, mais le plan de Bérenger, acceptant toute l'aide disponible et passant par Arden, paraît plus cohérent.

Suite à ma conversation avec Martin et Lystrella, je décide pour une fois de me montrer franc. J'exprime une sincère consternation à passer du temps en compagnie de mes deux cousins, le brun atrabilaire et le rouquin surexcité, mais me montre prêt à rejoindre une campagne préservant le droit des princes d'Ambre à voyager à travers les Ombres. Je pose plusieurs conditions : que Bérenger s'occupe de la descente aux enfers, que l'escorte armée soit conséquente - deux mille hommes, par exemple - et qu'elle ne soit pas dirigée par Emetrios. Pourquoi pas par Lystrella, qui paraît habituée à commander ?

Retranscrire la suite de mes échanges avec mes cousins m'est pénible. Comment les Ambriens ont-ils pu gagner la guerre contre les Cours ?  Nous sommes incapables de nous entendre.

Tous essayent de me convaincre de réduire notre escorte, même Martin - mais c'est bien le seul point sur lequel mes interlocuteurs sont d'accord. Devant l'entêtement d'Emetrios, Bérenger, toujours aussi agité, le soupçonne d'être contrôlé par le mystérieux commanditaire et d'essayer de nous attirer dans un piège. Son élucubration s'appuie sur la morsure subie par Emetrios, qui peine à cicatriser. Le fils de Bleys lâche le mot lycanthropie. J'essaye de calmer les débats et accepte de me contenter d'un demi-escadron de cavalerie, une soixantaine d'hommes. Personne ne saisit la perche tendue.

Lystrella, la première à vanter les vertus de la franchise et de l'honnêteté, tente de me manipuler grossièrement en aiguillant mon orgueil : puis-je faire moins que Bérenger, prêt à partir en petit comité ?  L'argument n'a pas de prise sur moi. Je sais très bien que le fils de Bleys me surpasse dans tous les domaines auxquels il prête attention. Mon amour-propre en a souffert pendant que j'étudais la Marelle, mais j'ai côtoyé depuis de nombreux immortels bien plus impressionnants que lui. La compétition ne m'intéresse pas. Je veux juste trouver ma propre voie, ma propre forme.

Martin, lassé par la tournure de la discussion, nous quitte. Bérenger le suit, non sans répéter ses accusations contre Emetrios. Troublé par les obsessions, les caprices et les chicaneries de ma parentèle, je sort mon atout du port d'Ambre et trouve refuge dans un cabaret de ma connaissance. J'y commande quelques verres d'un alcool soit-disant en provenance directe des Cours du Chaos. Le goût et la force du breuvage me remettent d'aplomb, même si une pointe de nostalgie m'effleure. Je retourne au château me préparer pour le dîner.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:15

Château d'Ambre, dans ma chambre, pendant l'après-midi.

Je laisse ma redingote, bien trop chaude pour le dîner. Après une toilette complète et parfumée, j'opte pour un costume plus à la mode d'Ambre, un pourpoint de satin noir avec manches à crevées, laissant apparaître une chemise turquoise aux manchettes serrées sur les poignets. Les chausses sont bien sûr assorties au pourpoint.




Après réflexion, je m'autorise deux bijoux pour l'occasion : un lourd médaillon gravé d'une représentation de la Marelle et, comme pour compenser le précédent, une bague en forme de serpent sinueux, offerte par ma mère.





Château d'Ambre, salle de bal, en début de soirée.

Contre toutes mes habitudes, j'arrive très en avance au dîner. La salle de bal a été somptueusement décorée pour la soirée. Le buffet répond à mes attentes. Un curieux breuvage pétillant, subtil et traître comme un aîné ambrien, est servi à foison. Il viendrait de la Terre, ombre de villégiature de Florimel et de Corwin.

Un orchestre est installé dans un coin, autour de Martin. Mon frère se préoccupe davantage de ses musiciens que des invités, mais je lui supplée volontiers. La réception s'annonce moins intime que la cérémonie du matin. De nombreux notables d'Ambre et du Cercle d'or arrivent petit à petit. Me souvenant de la promesse faite à Martin, j'en profite pour me renseigner discrètement auprès des amis de Bénédict, comme Lord Chantris, ou des courtisans les mieux informés, tel Sir Randel, sur la situation actuelle de mon oncle, le dieu de la guerre. Personne ne semble avoir de nouvelles. Bénédict s'est retiré en Ombre peu de temps après le couronnement de Merlin est n'a pas donné de signes de vie depuis.

Les autres membres du panthéon ne se pressent pas, à l'exception de Fiona. La sorcière m'a précédé et passe de groupe en groupe, tout sourire. Lystrella arrive, suivie par Nora et Victoire, apparemment déjà complices.

Je suggère à Lystrella de réserver la logistique de notre éventuelle expédition à un intendant lucide et blasé. C'est-à-dire... peut-être pas Emetrios. Puis je badine avec Fiona, en évoquant mes problèmes de communication. Attentive, ma tante paraît trouver mes réflexions intéressantes, mais peut-être n'est-ce que de la politesse de sa part ?  Avant de la quitter, je lui demande ce qu'elle pense des créatures ayant attaqué Bérenger et Emetrios. Fiona m'invite à la prudence et semble vouloir creuser la question avec Bérenger.

J'offre ensuite ma plus belle révérence à Nora et Victoire. Pour réaliser que celles-ci, prédatrices mondaines, cherchent une cible à leurs moqueries. Je m'esquive avec grâce - avant que leur choix ne s'arrête sur moi !

Mes autres parents finissent par nous rejoindre, seuls ou en petits groupes. Rinaldo a un service à me demander.

Après les courtoisies d'usage, le fils de Brand vante l'Île du Levant, mon nouveau fief : là-bas, les falaises, la mer et le soleil s'allient pour inspirer les artistes. Tout en buvant une flûte de ce fameux Champagne, il explique venir sur les conseils de Merlin, qui me tiendrait en haute estime. Et en vient enfin au but.
Une médiation semble nécessaire entre son épouse, Corail, également notre tante, et Random, le roi, mon père. Corail était invitée mais a préféré ne pas venir à Ambre aujourd'hui. Depuis ses démêlées avec Dworkin et la Marelle, et la greffe de l'oeil du jugement, elle se méfie et craint de devenir l'objet des convoitises de ses frères et sœurs. Néanmoins, elle ne veut pas manquer de respect à Random et tient à l'assurer de son dévouement.
J'accepte de servir d'intermédiaire - un rôle auquel je vais devoir m'habituer, sans doute.

Rinaldo aperçoit Merlin. Les deux cousins tombent dans les bras l'un de l'autre. Du coin de l'oeil, je vois Victoire et Nora se diriger vers Emetrios. La chasseresse est prête à en découdre. Je dois reconnaître que mon regard est plutôt attiré par la fille de Llewella. Je réalise qu'elle me rappelle ma dernière amante. Une cousine ravissante, vêtue de bleu, une fausse ingénue, jouant les discrètes mais sachant très bien ce qu'elle veut.

Ces souvenirs en appellent d'autres. Les proches que j'ai laissé derrière moi me manquent. Mais j'ai l'occasion de les contacter : Merlin, empereur des Cours du Chaos, doit disposer d'un moyen de retourner rapidement dans son domaine. Je peux lui confier quelques missives pour ma mère et mes amis. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?  Je m'éclipse et court rédiger trois lettres.

Lorsque je retourne à la salle de bal, l'entrée est occupée par un cortège royal, qui ne porte pas les couleurs d'Ambre. J'entends un héraut annoncer le roi Thomas de Callistra, Ombre du Cercle d'Or... et sa future épouse, Dame Florimel. Je profite de l'agitation pour rejoindre discrètement les convives. Avant que je n'atteigne Merlin, en grande conversation avec mon père et Gérard, un esclandre éclate entre Fiona et Corwin. Julian s'interpose. Ma tante le remercie et préfère quitter l'assemblée, prétextant une migraine.

Un autre obstacle surgit entre moi et Merlin. Cassandre, la fille de Deidre, paraît sur le point de me demander une faveur, à son tour. Je la salue d'un ton guilleret, tout en essayant de me rapprocher de l'empereur. Par chance, je n'ai pas à expédier notre discussion : avisant Rinaldo qui s'éloigne, Cassandre y met fin d'elle-même et suit le fils de Brand, entraînant Lystrella dans son sillage.

L'occasion fait le larron. Je remets mes lettres à Merlin, programme une entrevue avec mon père pour lui parler de Corail et demande les conseils de Gérard pour la future expédition qu'envisagent Emetrios, Bérenger et Lystrella. Mon père est préoccupé par les attaques que mes deux cousins ont subi et veut justement discuter de ce projet avec eux. Bérenger, un peu agacé, répète encore une fois son histoire. Emetrios, maussade, tourne les talons et se fait réprimander par Gérard.

Malgré tout, Random partage l'avis du fils d'Eric sur la taille du corps expéditionnaire. Il préconise lui aussi un groupe réduit et discret. Ce qui ne plaît guère à Bérenger, qui ose le faire remarquer. Il faut admettre que la discrétion n'est pas son point fort ! Je tente d'apaiser les esprits par une plaisanterie - qui dévoile certains de mes sentiments. Mon  père n'est guère réceptif, ni à mon humour ni à mon émotion. J'en viens à me demander s'il me considère autrement que comme un pion ou un domestique.

Je n'ai pas le temps de m'appesantir sur la question. Cassandre rouvre avec fracas les grandes portes de la salle de bal, traînant Lystrella derrière elle. Elle annonce la mort de Rinaldo. Lystrella se serait emparé de son arme de Cassandre pour transpercer le cœur du fils de Brand. Mon sang se glace dans mes veines. Il est l'un de mes rares bons camarades dans cette cour.

Random prend les choses en main, avec toute l'autorité d'un roi. Il distribue les ordres. La convocation de Fiona m'échoit. Si j'étais un domestique, je serais donc un coursier royal.

Château d'Ambre, dans un couloir.

Je m'éloigne, par l'une des portes transversales, et sort mon atout de Fiona. Celle-ci me répond aussitôt. Elle lit dans mon esprit comme dans un livre ouvert et me propose bien vite un petit stratagème. Une fois notre conversation terminée, elle va utiliser un atout de mon humble personne pour maintenir un lien et voir par mes yeux.

Ma chère tante m'explique que le coupable serait sur la défensive si elle se déplaçait elle-même.

J'accepte, malgré ma réticence à partager mes pensées avec une aussi redoutable sorcière. Jouer les espions constitue presque une promotion, somme toute.

Château d'Ambre, salle de réception.

Lorsque je retourne dans la salle de bal, je remarque Corwin et Cassandre sur le point de partir, escortés par Emetrios et Victoire. Bérenger vient de se faire remettre l'arme du crime et se tient juste à côté de Cassandre. Carla, sa soeur, est sur ses talons. J'ignore les intentions exactes des enfants de Bleys, mais il faut en effet mettre l'objet en lieu sûr. Je m'approche, affichant une mine contrariée. Si Fiona doit enquêter à travers moi, autant examiner le plus près possible les différents protagonistes du drame.

En fait, à cet instant, j'ai encore du mal à croire en la mort de Rinaldo. La culpabilité de Lystrella m'étonne presque autant - à moins que la fille de Caine n'ait surpassé son père dans la fourberie et le cynisme ?  Mon esprit fécond a vite échafaudé une hypothèse. Et si Cassandre était Deidre ressuscitée ?  Sortie de l'Abysse comme une Ty'iga pour posséder le corps d'un de ses reflets en Ombre ? Elle aurait pu prendre le contrôle du corps de Lystrella pendant quelques instants. Mais Fiona n'y croit pas.

En tout cas, je n'ai aucune idée de ce qui va suivre. La présence de Fiona, derrière mes yeux, a-t-elle mis le feu aux poudres ?  Bérenger raffermit sa prise sur le sabre de Cassandre et, d'un grand coup de taille, tente de me décapiter. J'entends Fiona hurler un avertissement. Je recule avec précipitation. La lame m'effleure, sectionnant quelques-uns de mes cheveux. Pendant ce temps, Cassandre a pris en otage un Corwin stupéfait. Sa robe a pris la forme d'une armure hérissée de pointes, digne d'une fille de la Maison Hendrake.

Ma plume n'a guère l'habitude de décrire les batailles. Les événements se déroulent de toute manière trop rapidement pour que j'y comprenne grand-chose. Emetrios se fend. Corwin se défend. Cassandre, touchée, recule, sans pouvoir égorger le chevalier à la Rose d'argent. Mais elle parvient à le blesser à deux reprises, d'un coup d'épaulière et, plus grave, de son autre bras : une longue lame a jailli de son armure et a transpercé le flanc de Corwin.

De mon côté, j'ai à peine le temps de faire un pas en arrière. Victoire a dégainé avec célérité un mince stylet mais n'a pas le temps de poignarder le fils de Bleys. Celui-ci est sauvé par sa soeur : Clara fauche Victoire puis attrape le bras de Bérenger. Elle essaye de lui faire lâcher prise mais a sous-estimé la poigne de l'insupportable rouquin. S'il sait à peine par quel bout tenir une épée, il a triomphé d'innombrables bagarres de taverne - les étudiants ne sont pas les derniers à lever le coude et jouer des poings.

J'ai une ouverture ! Victoire est à terre, Bérenger est juste en face de moi, aux prises avec sa sœur. Alors qu'il enchaîne les crochets dans le foie, je prends mon élan. Fiona n'a pas rompu le contact et confirme que c'est la seule chose à faire. Je me rue en avant et plaque Bérenger. J'arrive au moins à lui couper la respiration - ce qui suffit à Clara pour l'étendre de deux directs en plein visage.

Emetrios s'apprête à porter un nouveau coup à Cassandre. Julian accourt. Une puanteur méphitique emplit soudain l'espace - l'odeur du Logrus !  Cassandre disparaît, comme si elle venait d'être appelée par atout. Un seigneur des Cours du Chaos veillerait donc sur elle ?

Victoire s'est relevée et, en bonne ambrienne mesquine, gifle Clara. Emetrios porte les premiers secours à son oncle. Je m'approche et fait apparaître Fiona. Ce tour de magie paraît moins surprendre les personnes présentes que mon plaquage frontal de tout à l'heure.

Julian et Emetrios gèrent la situation. L'efficacité de mon cousin taciturne me surprend. J'avais fini par oublier que ses lamentations cachaient un combattant aussi formidable qu'implacable. Clara s'occupe de conduire son frère dans les geôles, aidée par plusieurs gardes. Fiona, préoccupée par l'état de Corwin, veut conduire celui-ci dans un lieu plus propice à sa guérison. J'accepte de l'assister. Me voilà infirmier.

Avant de suivre ma tante, je sors mon jeu d'Atouts et en tire deux cartes. Deux autoportraits. Sur la première, je porte un costume zébré qui doit être passé de mode depuis longtemps dans mon pays natal. Je semble vouloir sortir du cadre et inviter le porteur de la carte à danser. Sur la deuxième, je suis vêtu d'une tenue estivale plus classique et porte le cadre de mon portrait.



Je donne ces Atouts respectivement à Clara et à Emetrios, au cas où ils auraient besoin de me contacter.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Lun 1 Jan - 23:15

Hôpital de Fiona, sur une ombre inconnue.

Fiona nous transporte dans une maladrerie d'une blancheur immaculée. Je cligne des yeux pour m'habituer à la lumière, presque violente. Deux archiatres transportent un Corwin inerte sur son lit de douleur, au beau milieu d'une salle équipée d'une multitude d'instruments. Je reconnais certains d'entre eux, d'une technologie bien plus avancée que celle d'Ambre. D'autres donnent l'impression de sortir de l'antre d'une sorcière.

J'aide Fiona de mon mieux. La blessure de mon oncle, très profonde, l'a laissé entre la vie et la mort. La gravité de son état va nécessiter toute l'attention de Fiona pendant plusieurs jours, au moins. Ma tante a à peine le temps de me donner son avis sur Cassandre. Mon hypothèse d'une Deidre réincarnée lui paraît farfelue : Cassandre lui paraît tout-à-fait ambrienne.

Je dois informer Random de l'état de Corwin. J'appelle mon frère par Atout pour retourner au château.

Château d'Ambre, salle de réception.

Martin était en pleine conversation avec Florimel, autour du buffet dressé pour la réception. Je me découvre une faim de loup. Tout en complimentant ma tante pour son futur mariage, je profite de l'occasion pour me sustenter un peu. Je finis par comprendre que Martin et Llewella vont suivre Florimel à Callistra et représenter Ambre pendant les préparatifs du mariage.

Je salue l'assistance et m'éloigne, espérant trouver rapidement Random. Où peut-il se trouver, après tout ce qui s'est passé ?  Je n'ai pas à chercher bien longtemps : mon père me contacte presque aussitôt par Atout. Random demande mon témoignage sur les derniers événements.
Je commence par lui expliquer le petit stratagème imaginé par Fiona, le contact d'Atout qu'elle a maintenu pour voir par mes yeux et enquêter sans attirer l'attention. Je poursuis en lui racontant comment, lorsque je me suis approché de l'arme du crime, Cassandre a croisé mon regard et ordonné à Bérenger de me tuer. Je conclue en rappelant mon rôle, modeste mais décisif, dans l'escarmouche qui s'ensuivit.

Pendant que mon père réfléchit en maugréant, je profite de l'occasion pour délivrer deux messages.
Le premier m'a été confié par Fiona. Je décris au roi l'état de Corwin et explique l'absence de ma tante.
Le deuxième, posthume, n'est plus qu'un triste devoir. Je rapporte à Random certaines des dernières paroles de Rinaldo : l'assurance de son dévouement, son espoir d'une réconciliation entre son épouse, Corail, et le roi d'Ambre, ses explications sur le sentiments et les agissements de la jeune femme...

J'éprouve quelques scrupules à alourdir ainsi le fardeau du roi, qui ne manque pas de sujets de préoccupation. Doux euphémisme !  Je dois admettre ne pas toujours savoir comment me comporter avec mon père. Qui, lui-même, me traite davantage comme une prestigieuse estafette que comme un fils.

Finalement, Random ne paraît pas très convaincu par l'ultime discours de Rinaldo. Pour le reste, il m'informe qu'un conseil de guerre va se tenir dans quelques heures, dans un ancien cabinet d'Eric, près de la bibliothèque.

Je dispose d’un peu de temps avant cette réunion. Et d’un jeu d'Atout à compléter !  Je termine donc la carte d'Emetrios.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 2 Jan - 11:17

Ancien cabinet d’Éric

J’arrive avant l’aube. Derrière les fenêtres, la nuit, le brouillard et le givre masquent les toits de la cité d’Ambre.

Je me réchauffe au grand feu de cheminée. Un portrait d’Obéron me nargue, narquois. L’assiette improvisée que je me suis composé la veille n’empêche pas mon estomac de gronder. Un esprit prévoyant a heureusement fait préparer quelques plats froids, issus du buffet de la veille. Je me sers une généreuse portion ainsi qu’un bol de café brûlant. Puis je m’installe à un lutrin. Je pourrai au moins commencer quelques esquisses pour compléter mon jeu d’Atouts.

Nous sommes en comité restreint :
- mon père, Random, préside la réunion ;
- lord Danesh, chef de la garde d'Ambre, est à ses côtés ;
- ainsi que lord Chantris, général d’une des armées d'Ambre ;
- Bleys est venu accompagné de sa fille, Clara ;
- Emetrios a traîné son spleen jusqu’ici ;
- ma cousine Nora nous fait grâce de sa présence ;
- enfin, Lystrella et Bérenger ont été sortis de leurs geôles.

Random prend la parole. Le roi remercie une partie de l’assistance pour son comportement héroïque la nuit dernière. Il ajoute que la situation va devenir extrêmement compliquée et que toutes les personnes présentes vont être mises à contribution. Même Bérenger et Lystrella, qu’il a décidé de libérer.

Bleys explique pourquoi. Il manipule la rapière de Cassandre avec désinvolture, à notre grand dam, avant de parler. L’arme abrite en fait un puissant esprit aux ordres de la fille de Deidre. Le sorcier roux l’a pour l’instant endormi. Lystrella et Bérenger étaient bien sous l’emprise d'une force étrangère.

Mon père hoche la tête et énonce les objectifs de ce presque conseil de guerre : retrouver Cassandre, identifier ses complices et vérifier si elle est liée aux attaques dont ont été victimes Bérenger et Emetrios. Random demande qui veut intervenir.

Comme personne ne semble vouloir parler le premier, je prend mon courage à deux mains et je me lance. Je souligne à quel point tous les indices pointent vers les Cours du Chaos : des possessions par un esprit démoniaque, l’armure polymorphe de Cassandre, l’évacuation de celle-ci par un maître du Logrus, voire les fauves venimeux qui ont poursuivi mes cousins... Je révèle à cette occasion être originaire de l’Empire du Chaos - la majeure partie de ma parentèle présente devait déjà le savoir ou l'avoir deviné. Je propose enfin de mener des recherches dans mon pays natal, grâce aux contacts que j’ai conservé là-bas.

Nous commençons à débattre. Personne ne fait attention à mon offre de service, ce qui, je l'avoue, me laisse un goût amer. Ne suis-je bon qu'à porter des messages ?

Lystrella s’inquiète de l’identité de Cassandre, même si ses motivations paraissent bien correspondre à celles d’une fille vengeresse de Deidre. Bleys lui fait répéter son histoire... Cassandre semblait en effet en vouloir aux enfants de Brand et de Caine - qui avaient causé la mort de sa mère supposée. Malgré tout, je formule à mon tour des doutes sur l’ascendance de la traîtresse : quand Deidre aurait-elle eu le temps de la concevoir ?  Random indique que seul Corwin, qui a retrouvé Cassandre, pourrait malheureusement nous renseigner.

Bérenger et Nora reviennent sur l’implication des chaosiens. Les impressionnantes ressources des assaillants, capables d’organiser des embuscades près d’Ambre, seraient d’après le fils de Bleys hors de portée d’une simple faction dissidente des Cours.
Emetrios renchérit : selon lui, rien ne prouve que ces attaques et le meurtre de Rinaldo sont liés. Il faut enquêter des deux côtés - et il est toujours volontaire pour s’occuper des molosses. Lystrella acquiesce.

Je rappelle à tout ce beau monde que nos ennemis ne s’en sont pris qu’aux cibles les plus faciles, comme s’ils étaient renseignés... par un traître !  Nora et Clara préfèrent envisager d’autres hypothèses, sans me convaincre.

Les discussions s'enlisent. Je rappelle alors les deux seules propositions formulées jusqu'ici : la mienne, une enquête dans les Cours, et celle d'Emetrios, une expédition contre les assassins aux molosses venimeux. Emetrios me soutient et annonce que son navire est prêt à appareiller. Lystrella propose de m'aider. Random accepte bien volontiers - après la mort du roi de Kafsha, l'éloignement de la fille de Caine paraît opportun d'un point de vue diplomatique et pourrait passer pour un bannissement temporaire. Bleys annonce qu'il va nous accompagner, il dit avoir besoin d'étudier l'Abysse et craindre qu'il ne vomisse tout ce qu'il contient... Avec du recul, j'aurais dû prêter plus d'attention à cette remarque.

Clara propose de nous fournir un moyen de transport tout-à-fait sûr. L'affaire semble entendue.

Bérenger réalise, un peu tard, qu'il se retrouve d'office engagé dans l'expédition d'Emetrios. Ses plaisanteries détendent l'atmosphère.

La réunion se termine. Chacun sait ce qu'il a à faire. Je commence à donner quelques éclaircissements à Lystrella sur les Cours du Chaos. Mais le sujet est aussi vaste que l'Empire... En aparté, Random nous préconise la prudence. Inutile, en ce qui me concerne : elle est devenue une deuxième nature depuis longtemps !

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...


Dernière édition par Tristan le Mer 3 Jan - 14:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mer 3 Jan - 14:06

Chambre de Tristan

Nous avons enfin eu droit à un peu de repos. De courte durée : je suis réveillé par Bleys, qui tambourine à ma porte. Lystrella l'accompagne. Ravi, mon oncle affirme avoir le moyen de transport idéal. Son enthousiasme, comme celui de Clara plus tôt, me paraît suspect.

Je revêts à la hâte un costume de cavalier quelque peu démodé. Chausses turquoises très ajustées, tunique à manches longues de la même couleur, épais gilet noir brodé d'or, hautes bottes de cuir noir et protections - casque, genouillères et épaulières - en chitine lustrée.

Ombre de Clara

J'évoque un carrosse, mon oncle éclate de rire. Il appelle Clara, sa fille, par Atout. Celle-ci nous fait passer jusqu'à... un chapiteau rouge ?  Nous nous retrouvons dans l'agitation d'un grand caravansérail, au milieu d'une immense étendue de sable. Nous sommes conduit à un enclos, en périphérie, abritant trois dragons céruléens.



Je contemple les bêtes, fataliste. En effet, nous éviterons toute attaque terrestre. Et avec un peu de chance, ces reptiles ailés seront même plus agréables à monter que les scolopendres géants du Comte Chilos, un ami de ma mère. Impossible d'installer une selle un tant soit peu confortable sur un de ces centipèdes - ou alors, il faut oser le palanquin.

Clara nous explique comment conduire ces dragons, grâce à un harnachement proche de celui d'un simple équidé : les étriers servent à la direction et les rênes gèrent l'altitude. Soit.

Bleys me demande de mener l'expédition. Un choix évident, puisque je connais la destination : les confins de la Passe Zeydon, fief de la Maison de ma mère. Mais j'avais espéré tester la portée des Atouts pendant le voyage... Tant pis.

Je salue Clara, non sans la remercier pour son assistance et lui rappeler que je lui ai donné mon Atout.

Parmi les Ombres

Nous prenons de l'altitude. Après m'être assuré une nouvelle fois de la docilité de ma monture, je me concentre sur le paysage. Un désert de sable et de rocailles s'étend devant moi. La longueur du périple et la présence de compagnons m'incitent à écarter une Descente aux Enfers. Les terres désolées que je survole me rappellent assez la Plaisance de l'Exploit, l'un des domaines de ma mère. Sans le canyon typique des ombres de la Passe Zeydon, bien sûr. Nous allons nous approcher petit à petit de cet objectif.

Voyons... Après le prochain monticule de roches, une dépression. Qui va se creuser de plus en plus, serpentant sur le sol aride. De virages en méandres, jusqu'à devenir une authentique vallée... Je privilégie les terrains accidentés, plus propices à l'exercice du pouvoir. Plus versatiles. Bosses et creux, hauteurs et cavités, proéminences et anfractuosités. Derrière chaque relief dépassé, des formes plus saillantes se révèlent. Le dénivelé augmente, des falaises succèdent aux montagnes, des défilés étroits deviennent des gorges puis convergent en un gigantesque canyon.

Ces modifications m'épuisent. De si haut, l'expérience s'avère déroutante. D'autant qu'il ne faut pas dédaigner la conduite du dragon.

J'ignore combien de temps s'écoule ainsi. Mais nos dragons finissent par fatiguer, eux aussi. Il est temps de les faire reposer. Je choisis un monde accueillant. Un torrent, courant le long du défilé. Une dizaine de caprins, venus s'abreuver. Aucune bête plus grosse qu'un chien sauvage dans les environs. Quelques traînées de nuages dans un ciel rosâtre, une heure avant le crépuscule.

J'entreprend un lent atterrissage, m'attendant malgré tout à voir surgir des tueurs derrière chaque rocher. Personne ne se montre. Je m'étais assuré de la tranquillité de l'ombre, la Marelle ne m'a pas fait défaut. Nous pouvons camper en toute sécurité.

Je laisse les tâches ménagères à mes compagnons de route, profitant de l'occasion pour tester enfin mes Atouts, sans pouvoir contacter ma mère. Bleys prend le premier tour de garde... et veille en fait toute la nuit, nous laissant dormir, Lystrella et moi. Qu'a-t-il pu manigancer pendant ces heures de solitude ?

Nous repartons le lendemain. Avant de monter en selle, je contemple une dernière fois l'emplacement du bivouac. Je veux fixer le paysage dans ma mémoire, pour pouvoir dessiner un Atout ce cette ombre. Elle pourrait être un emplacement propice pour des recherches ultérieures. Pris d'une impulsion soudaine, je ramasse même un galet dans le lit du torrent.

Décrire la suite du voyage serait fastidieux, faute d'incident notable... Après de longues heures de vol, nous arrivons enfin à destination.

Plaisance de l'Exploit

Un fleuve gigantesque, alimenté par d'innombrables rivières, s'empresse au fond d'un canyon aux proportions cyclopéennes, cherchant un océan dans lequel se jeter - sans jamais le trouver. Nous ne volons pas assez haut pour le voir, mais cet improbable sillon ceint en fait une petite planète de pierre, dessinant un équateur tortueux sous un ciel ténu. Le climat se révèle ici frais et vivifiant, contrairement aux pôles harcelés par d'éternelles tempêtes.

La Plaisance de l'Exploit, réservée aux sports en tout genre et notamment à l'art nautique. Le dixième domaine de Zorah Zeydon, ma mère, Intendante des Menus Plaisirs de la Maison Zeydon.

Je fais ralentir et descendre ma monture, jusqu'à ce que je puisse me servir de mon jeu d'Atouts. Bleys profite de l'occasion pour nous faire ses adieux. J'imagine qu'il va enquêter du côté de l'Abysse, comme il l'avait promis à Random.

J'appelle ma mère. Nous sommes heureux de nous revoir enfin... Mais quelque chose a changé. Je n'avais jamais vu Zorah aussi soucieuse. Qu'est devenue la matrone aussi enjouée qu'extravagante que j'avais quittée ?  Son inquiétude me contamine. Nous convenons de nous retrouver dans un endroit aussi sûr que discret : mon pavillon préféré de la Plaisance de la Chasse, non loin de là.

L'endroit dispose d'une vue splendide sur une vallée recouverte d'une jungle touffue, fréquentée par des gibiers variés souvent fort dangereux.

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...


Dernière édition par Tristan le Dim 4 Fév - 23:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tristan

avatar

Messages : 245
Date d'inscription : 06/07/2016

MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Dim 4 Fév - 22:55

Plaisance de la Chasse

Pour plus de discrétion, nos montures s'éloignent du défilé et s'élèvent vers les hauts plateaux qui l'entourent, aussi déserts que couverts de nuages. De là, nous entamons la dernière étape de notre périple, fort brève. Voyager d'une Plaisance à l'autre ne représente presque aucune difficulté, tant ces ombres sont proches les unes des autres. Elles se ressemblent d'une manière ou d'une autre, puisqu'elles partagent le même modèle : la Passe Zeydon et le gigantesque canyon qui la traverse. Certaines peuvent toutefois se révéler perturbantes, surtout pour des monomorphes comme nous. Je préfère donc ignorer certains raccourcis entre la Plaisance de l'Exploit et la Plaisance de la Chasse.

Nous survolons une forêt clairsemée, d'où émerge une clairière. Un petit terrain entretenu avec soin par les jardiniers de ma mère, de dignes dodécapodes cuirassés d'émeraude. Leurs yeux pédonculés se lèvent vers nous. Ils me reconnaissent et exécutent une révérence des plus distinguée.

Au bout de la clairière, de rustiques bâtiments de bois, aux toits hérissés d'épieux, forment un vaste U. Le corps principal a été construit au bord de la falaise. Là encore, un profond canyon s'étend en contrebas. Ses pentes sont envahies par une jungle aussi dense que baroque, qui paraît presque impénétrable vue d'ici. L'épaisse canopée laisse à peine entrevoir le fleuve au fond du canyon. Je profite un instant du paysage, grandiose. Sous un ciel pourpre, un océan sylvestre, peint de jade et de malachite, traversé par un ruban céruléen.

Je fais atterrir mon dragon dans la cours formée par les bâtiments, aussitôt rejoint par ma cousine. Je montre les écuries à Lystrella, qui occupent une aile entière. Nos dragons seront bien traités. Enfin, d'un pas alerte, je me dirige vers le pavillon proprement dit. Le vestibule, puis le salon, je cours presque jusqu'au meuble décoré de scènes obscènes où ma mère range ses alcools les plus forts. Je choisis une bouteille de Grisinthe, liqueur ô combien radicale. Et deux chopines en cristal, destinées à accueillir des breuvages moins puissants.  

Comme à chacune de mes arrivées ici, je porte un toast bruyant au chélicérate irisé, le plus gros gibier que j'ai jamais abattu. Sa monstrueuse tête d'insecte est accrochée au mur, juste en face de moi. La chitine, translucide et chatoyante, semble changer de couleur sous l'effet de la lumière. Je raconte l'anecdote à Lystrella puis m'effondre dans un sofa.

Au regard de ma cousine, je comprends que mon comportement la surprend. Et je réalise que la fatigue du voyage m'a fait perdre la façade placide que j'affecte à Ambre. De vieilles habitudes, tapies dans l'ombre comme des assassins, ont resurgi à l'improviste. J'ai échangé un instant le masque du peintre de cour pour celui de l'adolescent égocentrique. Son confort me surprend. J'en viens presque à comprendre l'attitude de mes plus insupportables cousins, Bérenger et Victoire. Presque.

L'arrivée de dame Zorah Zeydon, ma mère, et de ses serviteurs ne me laisse pas le temps de reprendre contenance. Peu importe. La moue que fait Zorah devant mon attitude désinvolte me remplit d'une douce nostalgie. Mais je ne suis pas en vacance. Je me relève d'un bond pour saluer ma mère et faire les présentations. Et en profite pour me resservir un verre. Après quelques mondanités, Lystrella part se reposer.

Je peux enfin demander à Zorah ce qui s'est passé dans les Cours depuis mon départ. Elle hésite à prendre la parole...

_________________
Là tout n'est qu'ordre et beauté...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   

Revenir en haut Aller en bas
 
Tristan, dessinateur affable
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Roman de Tristan et Iseut!
» Arrivée d'Anne et de Tristan
» Sha, dessinateur en herbe :)
» artistes, illustrateur(trices) , peintres qu'on aime
» [Baronnie] Fontoy - Tristan de Navarre von Frayner

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Catacombes du Samedi :: Ambre :: En jeu-
Sauter vers: