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 Tristan, dessinateur affable

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Tristan

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MessageSujet: Tristan, dessinateur affable   Mar 25 Oct - 0:55



Membre mineur de la famille royale d'Ambre, Tristan a passé la plus grande partie de sa vie loin du Cercle d'Or. Il fréquente depuis quelques temps le château d'Ambre, tour à tour émerveillé, effrayé ou déçu par ce qu'il y découvre. Le personnel a rapidement adopté le jeune artiste, rêveur et introverti, aux accès de grandiloquence un peu ridicules, mais toujours courtois et aimable. Ses oncles et tantes se méfient davantage, mais paraissent l'apprécier depuis qu'il a passé la Marelle, assumant ainsi son illustre héritage.

Sa mince silhouette est donc devenue familière. D'allure élégante, sans trop d'ostentation, Tristan oublie néanmoins souvent de coiffer ses cheveux bruns, mi-longs. Ses yeux bleu-vert s'illuminent devant les merveilles que recèlent Ambre, paysages, monuments ou jeunes dames. Son maintien irréprochable, son aisance à la Cour et ses talents de danseur traduisent sans doute une éducation aristocratique. Tristan respecte d'ailleurs l'étiquette avec soin et scrupules.

Le jeune chevalier a adapté ses couleurs, turquoise et or parfois rehaussées de noir, à la mode locale. Il préfère les vêtements légers, en soie ou dans d'autres tissus aussi solides que précieux. Boutons et fermetures, fibules, broches, épingles, aiguillettes ornées de ferrets, sont de véritables pièces d'orfèvrerie, des entrelacs finement ouvragés. Tristan ne s'encombre pas d'autres bijoux, à l'exception d'une chevalière gravée de son sceau.
Un accessoire le quitte rarement : une robuste ceinture de cuir brun, équipée d'une petite besace. Tristan chausse le plus souvent des bottes de cavalier, assorties à ce ceinturon. Il s'adonne volontiers à l'équitation mais reste aussi éloigné que possible des maîtres d'armes du château.

Son sceau a été dûment enregistré dans les registres : cinq nœuds celtiques formant une roue.



Ces derniers temps, Tristan a été aperçu aux quatre coins du château, un carnet de croquis à la main. Il n'hésite pas à demander, toujours avec délicatesse, la permission de  dessiner un portrait.

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Tristan

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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mer 9 Nov - 21:02

Atouts de Tristan

Quelques auto-portraits, tout d'abord.


Bleys, l'un de ses anciens professeurs, en plusieurs versions.

Un premier jet, au début de ses études, sur un fond à pleine crayonné.
Un second Atout, rendant davantage justice à son modèle, qui s'inspire de manière cocasse d'un événement récent.

Emetrios, un cousin trouvé en fâcheuse posture.

Le croquis initial a été  esquissé de mémoire - grâce à l'aide de Rinaldo.

Julian, un oncle qui a toujours intimidé Tristan.


Un projet d'Atout pour Bérenger.

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Dernière édition par Tristan le Mar 3 Jan - 0:18, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Dim 18 Déc - 19:41

Chanson d'Emetrios

Emetri-os, Emetri-os,
Ne cherche que plaies et bosses,
Emetri-os, Emetri-os,
Il courtise la Fosse.
Il se complaît des mort atroces
De ses soldats pau-vres gosses.

Emetri-os, Emetri-os,
Mercenaire sans attaches,
Emetri-os, Emetri-os,
Sans gloire et sans panache,
Son cœur est vide
Vide et béant
Et avide de sang...

Toute sa compagnie est décimée...
Le costume noir il va porter...
Ses meilleurs amis... ne sont plus là !

Emetri-os, Emetri-os,
Ceux qui le suivent encore,
Emetri-os, Emetri-os,
Il envoie à la mort !
Mort par l'épée
Mort par la flèche
Mais jamais de vieillesse...

Emetri-os, Emetri-os,
Capitaine, matamore,  
Emetri-os, Emetri-os,
Fasciné par la Mort...
Il vole toujours au devant d'elle,
Nuit et jour, à tire d'aile,
Il vole toujours au devant d'elle,
Amante cruelle...



Inspiré par...
Citation :
Albator, Albator
Du fond de la nuit d'or
Albator, Albator
De bâbord à tribord
Tu veilles sur la galaxie
Sur la liberté aussi

Albator, Albator
Le corsaire de l'espace
Albator, Albator
Même si tu parais de glace
Ton cœur est bon
Ton cœur est grand
Comme le cœur d'un géant

Le bel Atlantis est ton vaisseau
Le pavillon noir est son drapeau
Bibop, Nausica sont avec toi

Albator, Albator
Avec ton équipage
Albator, Albator
Tu prends à l'abordage
Au stellarpon
Au planotir
Tous les Spatio-Cargyrs

Albator, Albator
Capitaine au cœur d'or
Albator, Albator
Bien plus fort que la mort
Tu es toujours au rendez-vous
N'importe quand, n'importe où
Tu es toujours au rendez-vous
Toujours avec nous

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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Lun 2 Jan - 0:36

Message effacé - l'atout de Bérenger a déplacé plus haut - Obéron peut effacer le présent message dès que possible.

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Dernière édition par Tristan le Mar 3 Jan - 0:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:10

Journal en marge d'un carnet de dessins

Salle du trône d'Ambre, presque vide en ce milieu d'après-midi.

Je commence les esquisses préparatoires pour un Atout de Dame Margot. La maîtresse du protocole n'a pas autant de travail qu'elle le souhaiterait sous le règne de mon père, mais elle pourrait être une alliée utile dans cette cour étrange. L'étiquette informelle imposée par Random me déstabilise un peu, comme beaucoup de choses que font les Ambriens. Ou ne font pas.
Margot me rappelle les matrones de ma Maison, et même la duchesse Zeydon : une beauté sans âge, parée d'or, dont la courtoisie sans faille souligne plutôt qu'elle ne dissimule une volonté des plus inflexibles. Bien sûr, de nombreuses différences subsistent. Margot est vêtue d'argent plutôt que d'azur. Elle n'a pas de cornes sur la tête ni de crânes de démons désobéissants à la ceinture. Surtout, son sourire ne révèle pas des crocs avides mais une sage gaieté.
J'avoue avoir attiré mon modèle dans la salle du trône sous le fallacieux prétexte d'un cours de danse, qui s'est vite transformé en séance de pose, au grand amusement des gardes. En fait, je n'ai plus besoin de leçon de chorégraphie mondaine, depuis longtemps. Dans ce domaine, j'ai eu les meilleurs professeurs. Une fois à Ambre, j'ai appris les pas à la mode... au pas de course !

Donc, le visage délicat de Dame Margot prend forme sur la toile, lorsque le roi m'interrompt. Je pose mon fusain. Je n'ai pas si souvent l'occasion de parler avec mon demi-dieu de père. Random veut réunir toute la famille et a une mission à me confier. Je dois prévenir Emetrios, fils d'Eric, le roi martyr. Je me souviens un peu de ce cousin. Un bretteur maussade, préférant frayer avec la domesticité, au mépris de toutes les convenances.

Une réunion de famille ?  Je n'ai jamais vu le panthéon au complet. J'éprouve à cet instant un mélange d'excitation et de peur. Un frisson parcourt même mon échine, mais la fraîcheur des températures en est peut-être la cause. L' hiver s'annonce précoce.

Bien sûr, je refuse de décevoir Random. Je vais ramener Emetrios à Ambre le plus rapidement possible. Voyager à travers Ombre, depuis le centre de toute la réalité, prendrait bien trop de temps, alors qu'un simple contact d'Atout suffit. Je n'ai jamais eu le temps de peindre son image, mais peut-être sa carte figure-t-elle dans les jeux laissés à la disposition de la famille, à la bibliothèque ?

Bibliothèque d'Ambre, seul avec Rinaldo.

Je découvre que mon oncle Bleys a rationné les Atouts.



Cette décision surprenante améliore sans doute ma position au sein de cette cour, puisque je sais dessiner ces cartes magiques. Mais ma mission se complique.
Mon cousin Rinaldo, roi de Kashfa, consulte des atlas. Il accepte bien volontiers de me prêter assistance. Il a laissé une partie de ses Atouts chez lui, dont celui d'Emetrios. Cependant, il peut m'aider à terminer un croquis du fils d'Eric, doté de suffisamment de pouvoir pour un seul contact. Ses souvenirs complètent les miens.



Je me concentre sur notre œuvre. Emetrios m'apparaît. Sous une table, en bien fâcheuse posture. J'ai bien fait de me hâter, de toute évidence. Je tend ma main vers lui et le conduit à l'abri.

Bibliothèque d'Ambre, avec Emetrios et Rinaldo.

Je viens de sauver la vie d'Emetrios. Mon morose cousin a maintenant une dette envers moi. Je ne sais pas s'il est opportun de le souligner, tant il est déjà d'humeur chagrine. Le voilà qui déniche une bouteille d'eau-de-vie et entreprend de la vider. Je lui remets tout de même l'invitation de Random. Emetrios la lit en maugréant.

Il explique qu'une dizaine de chiens de l'enfer l'ont poursuivi à travers ombre. J'essaye de prévenir Random par Atout, en vain. Je contacte Vialle et constate que la reine supervise l'aménagement d'une aile du palais. De nombreux invités sont donc attendus, pour une durée indéterminée. Elle paraît très occupé, mais je lui transmets tout de même le message.

Emetrios continue de discuter avec Rinaldo. Il montre l'illustration d'un livre de conte et décrit une sorte de loup aux yeux verts, avec de grandes oreilles et une langue fourchue d'un pied de long. Nous manquons d'éléments pour identifier l'animal, mais Rinaldo évoque l'hypothèse de bêtes du Chaos. Je partage cet avis, mais je me garde bien de le dire à haute voix. Du reste, les personnes qui pourraient me renseigner sont trop loin pour être contactées par Atout.

Rinaldo nous salue avant de retourner dans ses appartements, voir son épouse. Je le remercie une fois de plus de son aide, tout en m'interrogeant sur les nombreuses rumeurs entourant Corail, la reine de Kashfa.

Bibliothèque d'Ambre, coincé avec Emetrios.

Je me retrouve en tête-à-tête avec mon atrabilaire cousin. Emetrios veut à tout prix enquêter sur les fauves qui ont manqué de le tuer. Il semble considérer ma participation dans cette entreprise comme acquise. Quitte à me traîner derrière lui.

Suivant le conseil de Vialle, et même si cela m'en coûte, je préfère appeler mon oncle Julian par Atout. Le dieu de la chasse, le grand veneur d'Ambre, le cavalier à la monstrueuse monture, le maître des hordes hurlantes d'Arden. Je dois le reconnaître, j'ai été marqué, durant mon enfance, par les cérémonies sanglantes se déroulant dans sa chapelle, cachée au cœur de la première Plaisance.



Julian m'écoute. Il estime qu'Emetrios n'était pas vraiment en danger, vu qu'il sait se servir d'une épée et s'entoure souvent de combattants. Je n'ai pas vu ces derniers sous la table où mon cousin s'était réfugié. Bref, il va tout de même prévenir ses hommes, nous en parlerons plus tard.

Un peu rassurés, Emetrios et moi nous séparons.

Chambre de Tristan.

Être fils du roi a ses avantages. J'occupe une vaste chambre, où j'ai pu aménager un espace de travail. L'inconvénient restant le chauffage, surtout en cette fin d'automne glaciale. Je demande à un valet de m'apporter du bois. Lorsque la température redevient confortable, j'étale mes Atouts sur mon bureau. J'essaye, encore une fois, de contacter mon autre famille.



En vain. Les Atouts n'atteignent pas l'autre extrémité de l'univers. Contrarié par ce nouvel échec, je passe une bonne partie de la nuit à recouvrir des pages de mon meilleur papier. Non pas de dessins, pour une fois, mais de calculs et de schémas. Je consulte tous les ouvrages à ma disposition sur le fonctionnement des Atouts. Il doit bien y avoir un moyen d'augmenter la puissance, la portée des cartes. Je me plonge dans ma mémoire. Lors de mes études dans la Plaisance de l'Esprit, j'avais fait de nombreuses expériences sur les ondes de toutes sortes. Peut-être qu'un ou plusieurs relais, alimenté par des sources d'énergie locales...

Je consacre donc l'essentiel de mon temps à l'étude. Après plusieurs heures, ou journées peut-être, exténué, je laisse mon crayon vagabonder sur le papier.



Ce qu'il faudrait, c'est une sorte de relais entre le Serpent et la Licorne, du côté de l'arbre servant de frontière entre les domaines du chaos et de l'ordre, le mythique Ygg. Comme une antenne redistribuant de l'énergie, de l'électricité. Ou quelque chose comme cela...

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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:14

Jardins du Château d'Ambre, Chapelle de la Licorne, de bon matin.

La réunion de famille décidée par le roi aura lieu aujourd'hui. La journée commence par une cérémonie, un peu trop matinale à mon goût. Dois-je rivaliser d'élégance avec ma parentèle ?  Je préfère revêtir un costume dans lequel je me sente à l'aide. Je sors de mes valises le plus sobre et le plus confortable de mes manteaux : une belle redingote turquoise, aux gros boutons dorés. Avec un pantalon assorti et une épaisse chemise noire, elle fera l'affaire, même si la coupe et la couleur paraîtront sans doute un peu exotiques par ici.

Je m'apprête avec soin, échouant comme souvent à dompter ma sombre crinière. Je me demande parfois si mes capacités de métamorphe, latentes selon mes précepteurs, ne se manifestent pas dans mes cheveux. Juste pour me contrarier, me punir d'avoir choisi la Marelle plutôt que le Logrus. En tout cas, je n'arrive qu'à les aplatir un peu, à grands coups de brosse.

J'arrive un peu en avance, le temps de trouver une place près de Martin, mon demi-frère. Je ne reconnais pas tous les membres de l'assistance, notamment une jeune femme près de Gérard. Certains de mes parents font une entrée remarquée. Emetrios, en retard, est rejoint par un certain Dalt, qui essaye de le dérider. En vain, bien sûr. Martin et Rinaldo m'apprennent qu'il s'agirait d'un oncle, redoutable et revanchard. Un mercenaire haïssant Ambre - autrefois impliqué dans les intrigues de Rinaldo. Fiona fait venir via Atout Bleys et ses deux enfants, le trop brillant Béranger et une fille que personne ne connaît, Clara.

Le temps, froid et humide, me conforte dans mon choix de vêtement. Le roi d'Ambre arrive enfin, accompagné à ma grande surprise du nouvel empereur du Chaos. Il manque quelques-uns d'entre nous, Bénédict, Florimel et Corail, au moins. Mais les rituels vont pouvoir commencer.

J'observe les officiants, aux toges brodées de Licornes triomphantes. Un prédicateur des plus éloquents célèbre la légitimité de la famille royale à régner sur les ombres, puis rappelle celle-ci à ses devoirs. Je comprends que tous ceux qui ne l'ont pas déjà fait vont devoir prêter allégeance au roi. Dans la Passe Zeydon, chaque convention de vassalité aurait été négociée avec acharnement, chaque terme soupesé avec soin, chaque serment personnalisé à l'extrême. Nos matriarches ont très fortes à ce petit jeu. Ici, à Ambre, ce sera tout ou rien. Je m'inquiète de la réaction des dieux les plus querelleurs devant le reste du panthéon.

Le premier à devoir reconnaître Random comme suzerain est ce fameux Dalt, fils d'Obéron. Martin me glisse qu'il a survécu à un duel avec Bénédict. L'individu s'avère habile : il s'est assis à côté d'Emetrios et, par contraste, fait presque figure de boute-en-train. Il prête serment devant une assemblée tendue.

Je suis ensuite appelé. Cachant sans mal sans surprise, je me vois légitimé par Random et nommé Duc de l'île du Levant. Des émotions contradictoires m'assaillent. Réserver ma loyauté à Ambre et prendre ma place dans l'ordre de succession m'expose davantage que je ne l'aurais voulu. De bien des façons. Ce choix, pourtant, je l'ai fait il y a longtemps. Que dirait ma mère ?  Peut-être que c'est la forme que j'ai voulue, que je dois assumer et magnifier. Si le hiérophante à côté de mon père entendait mes pensées, il hurlerait sans doute au blasphème.

La cérémonie suit son cours. Les formalités m'apaisent. Cinq cousines, très différentes, se succèdent. Je note que Corwin, Fiona et Gérard n'ont pas présenté d'enfants. Bénédict et Florimel, tous deux absents, non plus.

Dans un labyrinthe végétal, près de la Chapelle, après la cérémonie.

La majorité des invités s'éclipse. J'entame une conversation avec son demi-frère. Martin semble désireux de connaître mon avis sur la cérémonie et les personnes qui y ont assisté... ou pas. Il m'entraîne dans un labyrinthe végétal, un peu à l'écart. Là, il me fait part de ses inquiétudes : l'absence de Bénédict lui paraît de fort mauvais augure. Il finit par me convaincre d'enquêter, avec discrétion, à ce sujet.



Une de nos cousines nous rejoint. Lystrella, fille de Caine, le dieu de la mort. Cette maîtresse femme plutôt délurée vient à peine de découvrir notre famille et sollicite quelques conseils. Devant cette inconnue, Martin retrouve sa prudence habituelle. Il sait mieux que personne qu'il ne faut tourner le dos à aucun de ses parents. Mon demi-frère incite Lystrella à la méfiance et à la mauvaise foi, deux alliées de poids à Ambre. Je complète son propos : nos aînés comprennent les manipulateurs et se défient des gens trop honnêtes. La fourberie est donc de rigueur. Lystrella manifeste sa déception.

Nous en venons à débattre de la reproduction des comportements parentaux et de la transmission des schémas familiaux... Je regrette de n'avoir pas autant étudié la psychologie lors de mes séjours dans la Plaisance de l'Esprit, lui préférant les sciences dures. Bref, nous convenons que les petits-enfants d'Obéron, moins traumatisés par le premier roi d'Ambre, pourraient être plus sociables et plus francs que leurs aînés.

En parlant de traumatisme : voilà Emetrios qui s'amène, Bérenger sur les talons. Ce dernier a également été attaqué par des loups. Mon lugubre cousin s'efforce une nouvelle fois de m'embrigader dans une expédition visant à retrouver le commanditaire de ces attentats. Les fauves qui ont manqué de le dévorer étaient suivis par des arbalétriers, bien décidés eux aussi à l'occire. Bérenger a le même but mais contredit Emetrios sur les méthodes. Le fils d'Eric envisage en effet un groupe de chasseurs le plus réduit possible, une poignée d'hommes à peine, se privant notamment de l'aide proposée par Victoire, la fille de Julian. Il préfère emprunter la voie des mers. Ses épanchements morbides et son flegme à évoquer son éventuelle disparition achèvent de me convaincre : l'individu est fasciné par la mort et se complaît dans la violence tout en étant horrifié par elle, en parfait masochiste. Il m'en coûte de l'écrire, mais le plan de Bérenger, acceptant toute l'aide disponible et passant par Arden, paraît plus cohérent.

Suite à ma conversation avec Martin et Lystrella, je décide pour une fois de me montrer franc. J'exprime une sincère consternation à passer du temps en compagnie de mes deux cousins, le brun atrabilaire et le rouquin surexcité, mais me montre prêt à rejoindre une campagne préservant le droit des princes d'Ambre à voyager à travers les Ombres. Je pose plusieurs conditions : que Bérenger s'occupe de la descente aux enfers, que l'escorte armée soit conséquente - deux mille hommes, par exemple - et qu'elle ne soit pas dirigée par Emetrios. Pourquoi pas par Lystrella, qui paraît habituée à commander ?

Retranscrire la suite de mes échanges avec mes cousins m'est pénible. Comment les Ambriens ont-ils pu gagner la guerre contre les Cours ?  Nous sommes incapables de nous entendre.

Tous essayent de me convaincre de réduire notre escorte, même Martin - mais c'est bien le seul point sur lequel mes interlocuteurs sont d'accord. Devant l'entêtement d'Emetrios, Bérenger, toujours aussi agité, le soupçonne d'être contrôlé par le mystérieux commanditaire et d'essayer de nous attirer dans un piège. Son élucubration s'appuie sur la morsure subie par Emetrios, qui peine à cicatriser. Le fils de Bleys lâche le mot lycanthropie. J'essaye de calmer les débats et accepte de me contenter d'un demi-escadron de cavalerie, une soixantaine d'hommes. Personne ne saisit la perche tendue.

Lystrella, la première à vanter les vertus de la franchise et de l'honnêteté, tente de me manipuler grossièrement en aiguillant mon orgueil : puis-je faire moins que Bérenger, prêt à partir en petit comité ?  L'argument n'a pas de prise sur moi. Je sais très bien que le fils de Bleys me surpasse dans tous les domaines auxquels il prête attention. Mon amour-propre en a souffert pendant que j'étudais la Marelle, mais j'ai côtoyé depuis de nombreux immortels bien plus impressionnants que lui. La compétition ne m'intéresse pas. Je veux juste trouver ma propre voie, ma propre forme.

Martin, lassé par la tournure de la discussion, nous quitte. Bérenger le suit, non sans répéter ses accusations contre Emetrios. Troublé par les obsessions, les caprices et les chicaneries de ma parentèle, je sort mon atout du port d'Ambre et trouve refuge dans un cabaret de ma connaissance. J'y commande quelques verres d'un alcool soit-disant en provenance directe des Cours du Chaos. Le goût et la force du breuvage me remettent d'aplomb, même si une pointe de nostalgie m'effleure. Je retourne au château me préparer pour le dîner.

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MessageSujet: Re: Tristan, dessinateur affable   Mar 3 Jan - 0:15

Château d'Ambre, dans ma chambre, pendant l'après-midi.

Je laisse ma redingote, bien trop chaude pour le dîner. Après une toilette complète et parfumée, j'opte pour un costume plus à la mode d'Ambre, un pourpoint de satin noir avec manches à crevées, laissant apparaître une chemise turquoise aux manchettes serrées sur les poignets. Les chausses sont bien sûr assorties au pourpoint.




Après réflexion, je m'autorise deux bijoux pour l'occasion : un lourd médaillon gravé d'une représentation de la Marelle et, comme pour compenser le précédent, une bague en forme de serpent sinueux, offerte par ma mère.





Château d'Ambre, salle de bal, en début de soirée.

Contre toutes mes habitudes, j'arrive très en avance au dîner. La salle de bal a été somptueusement décorée pour la soirée. Le buffet répond à mes attentes. Un curieux breuvage pétillant, subtil et traître comme un aîné ambrien, est servi à foison. Il viendrait de la Terre, ombre de villégiature de Florimel et de Corwin.

Un orchestre est installé dans un coin, autour de Martin. Mon frère se préoccupe davantage de ses musiciens que des invités, mais je lui supplée volontiers. La réception s'annonce moins intime que la cérémonie du matin. De nombreux notables d'Ambre et du Cercle d'or arrivent petit à petit. Me souvenant de la promesse faite à Martin, j'en profite pour me renseigner discrètement auprès des amis de Bénédict, comme Lord Chantris, ou des courtisans les mieux informés, tel Sir Randel, sur la situation actuelle de mon oncle, le dieu de la guerre. Personne ne semble avoir de nouvelles. Bénédict s'est retiré en Ombre peu de temps après le couronnement de Merlin est n'a pas donné de signes de vie depuis.

Les autres membres du panthéon ne se pressent pas, à l'exception de Fiona. La sorcière m'a précédé et passe de groupe en groupe, tout sourire. Lystrella arrive, suivie par Nora et Victoire, apparemment déjà complices.

Je suggère à Lystrella de réserver la logistique de notre éventuelle expédition à un intendant lucide et blasé. C'est-à-dire... peut-être pas Emetrios. Puis je badine avec Fiona, en évoquant mes problèmes de communication. Attentive, ma tante paraît trouver mes réflexions intéressantes, mais peut-être n'est-ce que de la politesse de sa part ?  Avant de la quitter, je lui demande ce qu'elle pense des créatures ayant attaqué Bérenger et Emetrios. Fiona m'invite à la prudence et semble vouloir creuser la question avec Bérenger.

J'offre ensuite ma plus belle révérence à Nora et Victoire. Pour réaliser que celles-ci, prédatrices mondaines, cherchent une cible à leurs moqueries. Je m'esquive avec grâce - avant que leur choix ne s'arrête sur moi !

Mes autres parents finissent par nous rejoindre, seuls ou en petits groupes. Rinaldo a un service à me demander.

Après les courtoisies d'usage, le fils de Brand vante l'Île du Levant, mon nouveau fief : là-bas, les falaises, la mer et le soleil s'allient pour inspirer les artistes. Tout en buvant une flûte de ce fameux Champagne, il explique venir sur les conseils de Merlin, qui me tiendrait en haute estime. Et en vient enfin au but.
Une médiation semble nécessaire entre son épouse, Corail, également notre tante, et Random, le roi, mon père. Corail était invitée mais a préféré ne pas venir à Ambre aujourd'hui. Depuis ses démêlées avec Dworkin et la Marelle, et la greffe de l'oeil du jugement, elle se méfie et craint de devenir l'objet des convoitises de ses frères et sœurs. Néanmoins, elle ne veut pas manquer de respect à Random et tient à l'assurer de son dévouement.
J'accepte de servir d'intermédiaire - un rôle auquel je vais devoir m'habituer, sans doute.

Rinaldo aperçoit Merlin. Les deux cousins tombent dans les bras l'un de l'autre. Du coin de l'oeil, je vois Victoire et Nora se diriger vers Emetrios. La chasseresse est prête à en découdre. Je dois reconnaître que mon regard est plutôt attiré par la fille de Llewella. Je réalise qu'elle me rappelle ma dernière amante. Une cousine ravissante, vêtue de bleu, une fausse ingénue, jouant les discrètes mais sachant très bien ce qu'elle veut.

Ces souvenirs en appellent d'autres. Les proches que j'ai laissé derrière moi me manquent. Mais j'ai l'occasion de les contacter : Merlin, empereur des Cours du Chaos, doit disposer d'un moyen de retourner rapidement dans son domaine. Je peux lui confier quelques missives pour ma mère et mes amis. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?  Je m'éclipse et court rédiger trois lettres.

Lorsque je retourne à la salle de bal, l'entrée est occupée par un cortège royal, qui ne porte pas les couleurs d'Ambre. J'entends un héraut annoncer le roi Thomas de Callistra, Ombre du Cercle d'Or... et sa future épouse, Dame Florimel. Je profite de l'agitation pour rejoindre discrètement les convives. Avant que je n'atteigne Merlin, en grande conversation avec mon père et Gérard, un esclandre éclate entre Fiona et Corwin. Julian s'interpose. Ma tante le remercie et préfère quitter l'assemblée, prétextant une migraine.

Un autre obstacle surgit entre moi et Merlin. Cassandre, la fille de Deidre, paraît sur le point de me demander une faveur, à son tour. Je la salue d'un ton guilleret, tout en essayant de me rapprocher de l'empereur. Par chance, je n'ai pas à expédier notre discussion : avisant Rinaldo qui s'éloigne, Cassandre y met fin d'elle-même et suit le fils de Brand, entraînant Lystrella dans son sillage.

L'occasion fait le larron. Je remets mes lettres à Merlin, programme une entrevue avec mon père pour lui parler de Corail et demande les conseils de Gérard pour la future expédition qu'envisagent Emetrios, Bérenger et Lystrella. Mon père est préoccupé par les attaques que mes deux cousins ont subi et veut justement discuter de ce projet avec eux. Bérenger, un peu agacé, répète encore une fois son histoire. Emetrios, maussade, tourne les talons et se fait réprimander par Gérard.

Malgré tout, Random partage l'avis du fils d'Eric sur la taille du corps expéditionnaire. Il préconise lui aussi un groupe réduit et discret. Ce qui ne plaît guère à Bérenger, qui ose le faire remarquer. Il faut admettre que la discrétion n'est pas son point fort ! Je tente d'apaiser les esprits par une plaisanterie - qui dévoile certains de mes sentiments. Mon père n'est guère réceptif, ni à mon humour ni à mon émotion. J'en viens à me demander s'il me considère autrement que comme un pion ou un domestique.

Je n'ai pas le temps de m'appesantir sur la question. Cassandre rouvre avec fracas les grandes portes de la salle de bal, traînant Lystrella derrière elle. Elle annonce la mort de Rinaldo. Lystrella se serait emparé de son arme de Cassandre pour transpercer le cœur du fils de Brand. Mon sang se glace dans mes veines. Il est l'un de mes rares bons camarades dans cette cour.

Random prend les choses en main, avec toute l'autorité d'un roi. Il distribue les ordres. La convocation de Fiona m'échoit. Si j'étais un domestique, je serais donc un coursier royal.

Château d'Ambre, dans un couloir.

Je m'éloigne, par l'une des portes transversales, et sort mon atout de Fiona. Celle-ci me répond aussitôt. Elle lit dans mon esprit comme dans un livre ouvert et me propose bien vite un petit stratagème. Une fois notre conversation terminée, elle va utiliser un atout de mon humble personne pour maintenir un lien et voir par mes yeux.

Ma chère tante m'explique que le coupable serait sur la défensive si elle se déplaçait elle-même.

J'accepte, malgré ma réticence à partager mes pensées avec une aussi redoutable sorcière. Jouer les espions constitue presque une promotion, somme toute.

Château d'Ambre, salle de réception.

Lorsque je retourne dans la salle de bal, je remarque Corwin et Cassandre sur le point de partir, escortés par Emetrios et Victoire. Bérenger vient de se faire remettre l'arme du crime et se tient juste à côté de Cassandre. Carla, sa soeur, est sur ses talons. J'ignore les intentions exactes des enfants de Bleys, mais il faut en effet mettre l'objet en lieu sûr. Je m'approche, affichant une mine contrariée. Si Fiona doit enquêter à travers moi, autant examiner le plus près possible les différents protagonistes du drame.

En fait, à cet instant, j'ai encore du mal à croire en la mort de Rinaldo. La culpabilité de Lystrella m'étonne presque autant - à moins que la fille de Caine n'ait surpassé son père dans la fourberie et le cynisme ?  Mon esprit fécond a vite échafaudé une hypothèse. Et si Cassandre était Deidre ressuscitée ?  Sortie de l'Abysse comme une Ty'iga pour posséder le corps d'un de ses reflets en Ombre ? Elle aurait pu prendre le contrôle du corps de Lystrella pendant quelques instants. Mais Fiona n'y croit pas.

En tout cas, je n'ai aucune idée de ce qui va suivre. La présence de Fiona, derrière mes yeux, a-t-elle mis le feu aux poudres ?  Bérenger raffermit sa prise sur le sabre de Cassandre et, d'un grand coup de taille, tente de me décapiter. J'entends Fiona hurler un avertissement. Je recule avec précipitation. La lame m'effleure, sectionnant quelques-uns de mes cheveux. Pendant ce temps, Cassandre a pris en otage un Corwin stupéfait. Sa robe a pris la forme d'une armure hérissée de pointes, digne d'une fille de la Maison Hendrake.

Ma plume n'a guère l'habitude de décrire les batailles. Les événements se déroulent de toute manière trop rapidement pour que j'y comprenne grand-chose. Emetrios se fend. Corwin se défend. Cassandre, touchée, recule, sans pouvoir égorger le chevalier à la Rose d'argent. Mais elle parvient à le blesser à deux reprises, d'un coup d'épaulière et, plus grave, de son autre bras : une longue lame a jailli de son armure et a transpercé le flanc de Corwin.

De mon côté, j'ai à peine le temps de faire un pas en arrière. Victoire a dégainé avec célérité un mince stylet mais n'a pas le temps de poignarder le fils de Bleys. Celui-ci est sauvé par sa soeur : Clara fauche Victoire puis attrape le bras de Bérenger. Elle essaye de lui faire lâcher prise mais a sous-estimé la poigne de l'insupportable rouquin. S'il sait à peine par quel bout tenir une épée, il a triomphé d'innombrables bagarres de taverne - les étudiants ne sont pas les derniers à lever le coude et jouer des poings.

J'ai une ouverture ! Victoire est à terre, Bérenger est juste en face de moi, aux prises avec sa sœur. Alors qu'il enchaîne les crochets dans le foie, je prends mon élan. Fiona n'a pas rompu le contact et confirme que c'est la seule chose à faire. Je me rue en avant et plaque Bérenger. J'arrive au moins à lui couper la respiration - ce qui suffit à Clara pour l'étendre de deux directs en plein visage.

Emetrios s'apprête à porter un nouveau coup à Cassandre. Julian accourt. Une puanteur méphitique emplit soudain l'espace - l'odeur du Logrus !  Cassandre disparaît, comme si elle venait d'être appelée par atout. Un seigneur des Cours du Chaos veillerait donc sur elle ?

Victoire s'est relevée et, en bonne ambrienne mesquine, gifle Clara. Emetrios porte les premiers secours à son oncle. Je m'approche et fait apparaître Fiona. Ce tour de magie paraît moins surprendre les personnes présentes que mon plaquage frontal de tout à l'heure.

Julian et Emetrios gèrent la situation. L'efficacité de mon cousin taciturne me surprend. J'avais fini par oublier que ses lamentations cachaient un combattant aussi formidable qu'implacable. Clara s'occupe de conduire son frère dans les geôles, aidée par plusieurs gardes. Fiona, préoccupée par l'état de Corwin, veut conduire celui-ci dans un lieu plus propice à sa guérison. J'accepte de l'assister. Me voilà infirmier.

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