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 Bérenger, étudiant pressé

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Bérenger

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MessageSujet: Bérenger, étudiant pressé   Mer 26 Oct - 23:32

Bérenger a passé son enfance au château d'Ambre et dans ses environs proches, de Rebma à Arden. Brillant élève, il a survolé ses études alors qu'il entassait les cours supplémentaires, curieux de tout et avide de tout savoir.

Bérenger apprécie son foyer, mais Ambre change peu, ce qui est grandiose mais aussi lassant à la longue pour un hyperactif comme lui. Depuis qu'il a passé la Marelle, Bérenger aime parcourir les ombres, fasciné par la diversité des paysages et des cultures en dehors d'Ambre.

Toujours habillé de couleurs vives, Bérenger est souvent vu à cheval, un magnifique alezan aussi roux que lui. Il passe souvent voir les oncles et tantes résidant à la périphérie d'Ambre : Gérard au port, Julian en Arden, Llewella en Rebma, au départ et à l'arrivée de ses expéditions en ombre. Durant ses séjours au château, il recherche la compagnie des rouquins : Bleys et Fiona, au cas où ils daigneraient lui donner un conseil pour ses recherches. Certains membres de la famille le comparent à un orage bref mais violent : il peut assaillir de questions, mais ne s'attarde pas.

Enthousiaste et toujours pressé, Bérenger déborde de projets, ce qui le rend difficile à suivre. Il peut partir explorer des ombres lointaines puis brutalement revenir pour expérimenter pendant de longs mois dans le laboratoire qu'il a installé dans les combles du château. Bérenger a toujours deux fers au feu, histoire d'avancer sur un projet quand un autre piétine. L'ennui est une sensation qui n'a jamais effleuré son esprit, toujours occupé. En fait, il semble ne pas savoir ne rien faire, et n'est que rarement vu aux fêtes d'Ambre.  

Toujours courtois, Bérenger reste toutefois évasif sur ses recherches. Il se porte souvent volontaire auprès des autorités du château pour toute tâche nécessitant de chevaucher, ce qui au fond est sa seule passion hormis ses études.
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Bérenger

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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 20 Nov - 19:25

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Car il faut cultiver son J.A.R.D.I.N.

Afin d'approfondir mes compétences récentes de sorcier, je me suis dégotté une ombre de désir où l'expérimentation sera facile. Je me suis exercé pendant plusieurs jours à préparer et lancer les sorts les plus divers : combat, protection, déplacement, discrétion, sans oublier les effets cosmétiques. Mais malgré des débuts prometteurs, je commence à me lasser. La magie est certes puissante mais lente, et sa portée ne dépasse pas l'Ombre où je me trouve. De plus, je ne maîtrise pas encore l'art subtil de la conjuration. Du coup j'ai l'impression de courir à cloche-pied, ce qui n'est guère pratique, et ne permet pas d'aller bien loin.

Il me faut choisir mon prochain sujet d'étude, et le choix est difficile entre apprendre la Conjuration ou perfectionner la Marelle. Ces deux matières sont si différentes et si utiles l'une et l'autre que je n'arrive pas à me décider. J'ai l'impression de tourner en rond, ce qui est finalement prévisible en courant à cloche-pied !

J'ai besoin de prendre du recul, un conseil ou un peu de repos pourrait même m'être utile. Mais je ne suis guère doué pour me reposer alors que ma famille me trouve fatigant, ce qui est finalement un paradoxe amusant.

J'appelle mon cheval, le fidèle Rouxpoil, témoin muet de mes interrogations stériles, et je commence mon voyage de retour vers Ambre.

- Holà Rouxpoil, il est temps de rentrer au bercail !

Mes rimes sont toujours aussi nulles, voilà au moins une certitude avérée. Une deuxième vient immédiatement : utiliser la Marelle en chevauchant Rouxpoil est toujours un plaisir. Voilà qui me remonte vite le moral.

Afin de gommer le paysage désertique et rouge orangé choisi pour mes recherches, je rajoute petit à petit de la végétation, puis des animaux. Je m'efforce d'intégrer la vie exubérante caractéristique d'Arden.

J'arrive à l'orée d'une forêt quand Rouxpoil, qui a pourtant l'habitude de traverser les ombres, devient nerveux. C'est suffisamment inhabituel pour que je me montre prudent. Je croise plusieurs animaux : sangliers, oiseaux, qui s'enfuient affolés. Je n'ai pas le temps de m'interroger. Un craquement sinistre me fait sursauter.

Je calme Rouxpoil, et m'écarte prudemment. J'aperçois une paire de yeux jaunes dans les fourrés, puis une autre non loin. Un brouillard sombre suinte du sol, tandis que deux énormes loups surgissent et tentent de m'encercler. Ces créatures semblent faîtes de ténèbres, leurs griffes sont longues et acérées , et ils se pourlèchent les babines avec des langues démoniaques.

Je n'hésite pas et pique des deux. Rouxpoil fonce droit devant nous tandis que je commence une Descente aux Enfers afin de me débarrasser des deux loups démons. Mon coeur bat la chamade. Ces créatures semblent convoquées, et si je suis leur cible, leur créateur les a sûrement dotées de la capacité de me suivre en Ombre.

Bénie soit la Licorne de m'avoir donné un si fidèle destrier ! Seule l'endurance de Rouxpoil, lancé à plein galop, me permet de prendre de l'avance. Les loups s'avèrent plus rapides et plus rusés que je ne l'aurais crû. A plusieurs reprises, j'ai même l'impression qu'ils se fondent dans une ombre avant de ressortir d'une autre plus loin. Je commence à m'inquiéter sérieusement.

Mon intuition se révèle hélas rapidement exacte. J'ai beau changer d'Ombre, ces loups continuent à me traquer. La colère me saisit, je ne vais pas leur faciliter la tâche !

Je me dirige vers une ombre volcanique, et imagine un lac d'acide traversé par un fragile pont de verre. Un bref coup d'oeil derrière moi me permet de vérifier que j'ai toujours deux loups à mes trousses, mais j'ignore si c'est toujours les mêmes. Rouxpoil bondit sur le pont en galopant ; le craquement du verre me fait sourire, une de ces créatures est tombée dans l'acide. Bien fait pour elle.

Je dois vite trouver un refuge, et décide de me concentrer sur un parent capable de m'aider. Ma tante Florimel me paraît le meilleur choix : je me suis déjà rendu chez elle, sur l'ombre Terre, et elle dispose de chiens bien capables de croquer des loups.

A ma grande surprise, ma descente aux enfers aboutit pourtant près d'Ambre, sur une route se dirigeant vers une cité côtière. Je reconnais avec peine la citadelle blanche et ses flèches dorées sise au milieu de la cité. Je me trouve dans l'Ombre de Callistra, du cercle d'or médian.


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 20 Nov - 19:28

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. De passage à Callistra.

Je pénètre dans la cité. Heureusement, mon appartenance à la famille royale d'Ambre facilite grandement les formalités d'entrée. Je comprends rapidement pourquoi : l'ambiance est à la fête, et je reconnais facilement la Licorne, emblème de ma famille, sur les fanions accrochés aux murs.

La ville est bondée, mais je parviens à trouver une auberge munie de vastes écuries où Rouxpoil pourra se reposer. Le garçon d'écurie m'apprend que la cité est fort occupée par les préparatifs du prochain mariage royal. Je manque défaillir. Ma tante Florimel s'est décidé à se caser ! Par quel prodige... Je vais décidément de surprise en surprise.

Après m'être rendu présentable, j'arrive au palais. Une fois mon identité révélée, je suis conduit sous bonne escorte, prudence est mère de sûreté, dans une antichambre luxueuse. Mon attente est de courte durée. Ma délicieuse tante franchit la porte, et m'accueille avec effusion. C'est à dire que je suis pris par le col et soulevé de terre. De charmantes paroles s'élèvent de ses lèvres adorables :
- Si tu gâches ma surprise en parlant de ce que tu sais à qui que ce soit en Ambre, je t'arraches les parties génitales et je les fais frire. Compris ? Sinon, quel bon vent t'amène cher neveu ?

Ma tante se décide à me reposer au sol afin que je puisse répondre. Hélas, ces moments de tendresse sont trop rares dans notre famille. Je rassurai immédiatement ma tante sur ma capacité à garder un secret, et lui racontai en quelques mots ce qui m'était arrivé. Florimel me dit qu'elle allait envoyer une patrouille de forestiers vérifier s'il restait une piste, et m'invita au souper royal.

L'horrible piège des obligations familiales se refermait sur moi. Cependant, un repas officiel vaut bien mieux que de servir de repas à des loups démons, même pas de la famille !

Un peu plus tard, vêtu d'un costume de cour choisi par ma tante, j'affrontais avec dignité cette épreuve. Les plats étaient excellents, et sûrement testés en vue du menu du mariage. Mais l'étiquette était à peine supportable. Mes ambitions de devenir un jour sorcier de cour fondait comme neige au soleil.

Je crus mourir d'ennui. Heureusement, ma tante veillait sur moi, tel un ange gardien. J'étais assis à côté d'une jeune duchesse, fille d'un allié historique du roi. Florimel mise à part, c'était la plus jolie fille de la soirée.

Je plaignais sincèrement cette pauvre fille, qui devrait supporter toute sa vie une étiquette épuisante, et dont le mariage sera décidé en haut lieu sans tenir compte de son avis. Je lui avouais que seule sa présence rendait ce repas supportable. Je lui contais  combien Ambre étais bien plus une famille qu'un royaume, et je louais l'indépendance de mes tantes. Je finis par m'excuser d'être un médiocre courtisan.

Ma franchise la fit sourire, ce qui est déjà ça. Je commençai une discussion agréable avec cette demoiselle, aussi belle qu'intelligente, quand je ressentis le fourmillement caractéristique d'un début de contact par atout. Mon père, Bleys, me dérangeait au pire moment, comme à son habitude. Il m'invita à le rejoindre immédiatement, et tendis sa main.

Je présentais de nouveau mes plus plates excuses à la jolie duchesse, et en évitant de croiser le regard de Florimel, acceptais le passage.

Bien entendu, je n'allais pas tarder à le regretter.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 20 Nov - 20:51

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Tomber de Callistra en Scylla.

Ma première impression est de me faire renverser par une vague de chaleur écrasante. Je me trouve dans une vaste tente, où d'épais tapis recouvrent un sable rouge. Je suis observé par une jeune femme assise en tailleur sur un coussin, à côté de mon père. Sa chevelure auburn tirant sur le roux m'aide à comprendre son identité. Bleys me présente ma soeur, Clara, et m'invite à boire du thé.

J'ai à peine le temps de goûter un thé brûlant à la menthe poivrée que mes parents se lèvent, se couvrent le bas du visage d'un foulard et enfilent une paire de lunettes. J'ai l'impression d'entendre au dehors une tempête s'approcher. Mon père me désigne une caisse et m'invite malicieusement à m'équiper, sous le regard narquois de ma soeur. Je me prépare rapidement, et sors juste derrière eux.

Nous sommes au centre d'un camp composé de centaines de tentes. Au loin, une tempête de sable approche, parcourue de multiples éclairs. En plissant les yeux, j'aperçois une armée de dragons dorés au loin, qui s'apprête à s'abattre sur nous comme une nuée de sauterelles. Le camp s'affaire, des hommes enfourchent des pégases écailleux pendant que d'autres arment des balistes. Plonger un étudiant en sorcellerie qui sait à peine dans quel sens se tient une épée dans une telle galère, je sais de qui je tiens mon abominable sens de l'humour. J'échange quelques mots avec ma soeur alors que nous nous approchons d'un groupe de trois montures ailées, dont l'une est plus massive et davantage caparaçonnée.

-"Chère soeur, me permettez vous de vous accompagner ? Mes capacités de combattant restent hélas à désirer, mais je ferai de mon mieux pour ne pas vous gêner."
Ma sœur daigne enfin m'expliquer la situation.
-"Après tout, je dois bien m'occuper de toi, puisque je suis ta grande sœur. Les cavaliers volent en groupe de trois, associés à une baliste au sol. Les dragons tempêtes produisent de l’électricité en volant : le cuir de leurs ailes frotte le sable en suspension, du fait des battements. Ils se chargent comme un accumulateur puis déchargent l'énergie par leur queue - comme les hommes en somme - vaporisant tout ce qui les entoure, à l'exception de leurs congénères. Le rôle d'un escadron est simple ; il s'agit de les asticoter pour qu'ils se chargent plus vite, tout en les harcelant pour qu'ils restent peu ou prou au même endroit. La monture de tête gère la queue ; les deux autres la gueule et les griffes. Au point de limite, ils deviennent aussi lumineux qu'un générateur tesla, c'est là que les balistes interviennent. Les carreaux sont chargés positivement et sont attirés par la charge négative des dragons. Si le tir part trop tôt, en général le coup ne porte pas ou ne pénètre pas ; si le tir part trop tard, les cavaliers sont électrocutés".

Notre père nous attend déjà, juché évidemment sur la plus grosse des trois montures, l'air goguenard. La chasse commence. Ma sœur se place en premier devant la gueule d'une bête, et l'occupe en lui assénant des coups de son épée sur le museau. En même temps, Bleys passe sous la créature et la frappe pour la forcer à se retourner. A chaque revers, Clara en profite pour la frapper. Mon rôle, surveiller les griffes, est plus en retrait, ce qui me convient parfaitement. Tout se passe bien avec le premier dragon. Il devient de plus en plus lumineux, et Clara pousse un cri afin de me prévenir de m'écarter. Aussitôt, un trait volant se fiche dans le torse du dragon, qui s'écrase au sol.

Bien sûr, il faut continuer avec un deuxième, puis un troisième. La fatigue se fait sentir, mais je m'efforce de serrer les dents et de paraître le plus à l'aise possible. La quatrième bête est la plus retorse, et je me retrouve vite dans une position périlleuse, bloquée entre la bête de plus en plus lumineuse et une autre équipe de cavaliers. Je hurle à la cantonade.
-"Je décroche !"

J'entame une descente en piqué. Le carreau fuse. Mon cri a alerté ma sœur qui s'est également écartée. Un des cavaliers n'a pas eu ce réflexe : le carreau a arraché l'aile de sa monture. Quelques morceaux de chair tombent au sol, suivi par le pauvre malheureux qui s'écrase dans un hurlement.

Je retrouve ma famille au sol, fourbu mais en vie. Tels des fourmis dépeçant des carcasses de souris, les habitants du désert débitent les dragons : crocs, griffes, cuir, glandes... tout est récupéré.


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 31 Juil - 0:06

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. La Chute continue de Scylla en Ambre.

Pris d'un léger vertige suite à cette expérience mémorable, je succombe à une impardonnable faiblesse. Je prie par avance tout lecteur de mon journal de bien vouloir accepter mes plus plates excuses pour cet égarement passager. Je dois être dans un état second, puisque je suppose bien imprudemment que mon père pourrait avoir l'obligeance de m'apporter quelque aide ou conseil suite à l'attaque des loups-démons que j'avais subie précédemment.

J'aurais bien sûr dû m'en douter, il m'écoute à peine, préférant m'informer que nous étions en retard à une réunion de famille. Il agite ensuite les doigts pour invoquer des tenues plus conformes à l'étiquette, et contacte aussitôt ma tante Fiona par atout pour nous faire passer.

J'ai à peine le temps de prendre une inspiration que me voilà de retour en Ambre, dans les jardins du palais. Mon père sourit et salut l'assemblée.
-"Chère famille, je vous présente Clara". Sans plus de cérémonie, Bleys dit quelques mots à voie basse à sa soeur avant de se diriger vers les fauteuils encore libres.

Notre petit groupe forme une intéressante variation de couleurs chaudes. Clara, mince et athlétique, est vêtue d'une robe en cuir rouge foncé, en accord parfait avec sa peau cuivrée et ses cheveux auburn. Elle fronce les sourcils, et ses yeux noirs défient l'assemblée. Quand à moi, je suis habillé d'une tenue de cavalier jaune-orangé, avec un écharpe rouge clair terminée par un liseré en or blanc. Je ne dois pas être à mon avantage, ma fatigue doit marqué mes traits, tant pis.
Entre ses deux enfants, Bleys resplendit. Son pantalon serré rayé orange et rouge vif, ainsi que sa chemise rouge écarlate mettent en valeur sa musculature d'escrimeur, alors que son pourpoint  rouge couvert d'inscriptions cabalistiques dorées rappelle ses compétences magiques. Son épée est ceinte à son côté, dans un fourreau transparent mettant en valeur le dessin de la Marelle.

Lorsque nous rejoignons nos places, il devient évident que nous formons un charmant tableau vivant : j'ai les couleurs du soleil au petit matin tandis que Clara semble l'incarnation d'un splendide coucher de soleil. Notre père est bien sûr le soleil au zénith venu illuminer l'assemblée de sa présence.

Participer à mon corps défendant à ce spectacle me déprime considérablement, et ce n'était que le début des festivités. La cérémonie commence réellement par un sermon du grand prêtre de la Licorne. Je n'écoute que d'une oreille le bla-bla habituel sur les Ambriens et la Marelle. Je finis toutefois par comprendre que faire partie officiellement de la famille implique une allégeance à Random.

Une idée incongrue traverse ma tête.  Mon père, vêtu de rouge, finira par ressembler au père Noël de l'Ombre Terre quand cheveux et barbe auront blanchis. Mais ça, je ne le dis pas. Je lui murmure plutôt :
-"Et dire que nous devons tous y passer. Cela va être long... J'aurai les cheveux gris quand ce sera mon tour."
-"Mais non, pauvre idiot, tu as déjà prêté hommage quand tu étais plus jeune."

Je suis à la fois soulagé et surpris. Je déteste tellement ces cérémonies que j'ai dû à l'époque ânonner un serment insipide vite appris mais bien plus vite oublié.
-"Ah oui maintenant que vous le dites...."

Je me tais devant l'air irrité de mon père. J'ai encore manquer l'occasion de marquer des points, ou plutôt de ne pas en perdre. Je finis par avoir l'habitude, autant sourire et hausser avec fatalisme mes épaules. Je chuchote à Clara :
-"Comme je n'arrête pas de le répéter, je suis un bien piètre courtisan."

Random se lève et les cérémonies d'hommage commencent.

La première concerne Dalt, un oncle au passé trouble de rebelle, d'où une certaine tension tandis qu'il marche jusqu'à Random. Heureusement, il prête allégeance par un serment court et clair. La tension retombe.

Tristan, fils de Random, est ensuite appelé. Pendant qu'il prête serment, je ne peux m'empêcher de le plaindre. Deuxième dans l'ordre de succession au trône, je ne souhaiterai pas ça à mon pire ennemi. A mon père, à la rigueur... Bon au moins Tristan peut encore espérer reculer dans la liste : Random et Vialle sont encore capables d'enfanter. Ils devraient d'ailleurs s'y mettre avec entrain au lieu de nous faire subir cette cérémonie, qui couperait toute envie à Obéron lui même.
Je fais un signe amical à destination de Tristan quand il retourne s'asseoir. Cependant, mieux vaut lui que moi. Je me penche vers Clara et chuchote :
-" Peut-être bientôt à toi, chère soeur. Cela devrait bien se passer. Le secret c'est de ne pas se faire trop remarquer. Hélas notre branche de la famille n'est guère doué dans ce domaine."

Le suivant est Emetrios, fils d'Eric. Mon attention baisse, cette cérémonie manque dramatiquement d'ambiance.  J'en viens à imaginer une équipe de pom-pom girls, ce qui donnerait de suite un rythme beaucoup plus soutenu :
Je veux un "D", je veux un "A", je veux un "L", je veux un "T" ! D - A - L - T et Ambre pour toujours ! Bon pour Emetrios, c'est trop long, il faudrait évidemment trouver un autre slogan.

Je finis par comprendre le protocole : d'abord les enfants d'Obéron, puis ceux du roi, enfin les cousins dans l'ordre de la généalogie. Se succèdent ensuite deux filles inconnues jusque là : Cassandre, fille de Deirdre et Nora, fille de Llewella. Vient alors le tour de Clara. Son hommage me paraît très formel, presque ampoulé, elle a l'air de prendre cette cérémonie bien trop au sérieux.

Je finis par comprendre le protocole : d'abord les enfants d'Obéron, puis ceux du roi, enfin les cousins dans l'ordre de la généalogie. Se succèdent ensuite deux filles inconnues jusque là : Cassandre, fille de Deirdre et Nora, fille de Llewella. Vient alors le tour de Clara. Son hommage me paraît très formel, presque ampoulé, elle a l'air de prendre cette cérémonie bien trop au sérieux.

Les dernières appelées sont Lystrella, fille de Caine, et Victoire, fille de Julian. Je ne peux m'empêcher de penser que la première n'a pas de chance. La réputation de Caine, oncle retors présumé mort, peut être un fardeau. Je trouve toujours le nom de la deuxième difficile à porter : Victoire, c'est dur à assumer. Mais comme c'est la peste de la famille, c'est plutôt bien fait pour elle.


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 31 Déc - 17:05

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. De l'art difficile du rebond.

Cette longue, fastidieuse et inutile cérémonie m'a largement laissé le temps de réfléchir. Il est temps de rebondir. J'en ai plus qu'assez de voir ma vie menacée. Il me faut réagir plutôt que subir. J'entrevois une ouverture possible lorsque Victoire termine la cérémonie et rejoint son père, Julian. J'aurai bien besoin de l'avis du Grand Veneur d'Ambre sur les loups démoniaques qui m'ont agressé tantôt.

Je me présente immédiatement à elle, et à son austère père. J'ai peu d'atomes crochus avec ce côté de la famille, mais je suis quand même un cavalier passable, ce qui pourrait me valoir un brin de considération de Julian, qui adore les chevaux. J'espère que la présence de sa fille l'amadoue quelque peu, lui si avare de mots d'habitude. Autant faire bref pour ne pas trop l'indisposer.

- "Je vous présente mes hommages, mon oncle, ainsi que mes félicitations à vous, cousine. Je dois hélas vous avertir que, récemment, en tentant de rentrer en Ambre par Arden, j'ai été poursuivi par des loups démoniaques capables de me suivre en Ombre. J'ai eu le plus grand mal à les semer. Avez-vous reçu d'autres rapports à ce sujet ? Je crains que vos gardes ou d'autres membres de la famille aient pu subir des attaques comparables."

Julian hausse un sourcil à mes propos, et jette un coup d'oeil à Victoire, qui fait un geste négatif de la tête.
- "Tu n'es pas le seul à me raconter une telle histoire. Tristan m'a contacté pour me dire qu'Emetrios avait connu semblable mésaventure. Je n'ai par contre eu aucun rapport m'indiquant des incidents semblables, de prêt ou de loin."

Ayant sans doute entendu son nom, mon cousin interrompt brusquement la conversation. Quelques leçons de politesse lui feraient le plus grand bien.
- "Veuillez excuser ma curiosité, j'ai été victime d'une attaque similaire qui m'a laissé quelques stigmates douloureux. Le sujet est d'autant plus fâcheux que ces molosses sont capables de voyager en ombre et qu'à ce que je comprends, il s'en prennent à des membres de la famille".

Emetrios montre son bras, que Victoire étudie avec attention.
- "Une sale morsure. Des soins conventionnels risqueraient de ne pas être suffisants, ajoute-t-elle. Je n'ai rien vu de cette nature en Arden récemment... Dommage qu'aucun de vous deux n'ait été capable d'en capturer un. Sont-ils si terribles ?"

Bien sûr, comme à son habitude, Victoire se moque ouvertement de nous. Etrange que Julian, si habile au dressage des bêtes, laisse tout passer à sa fille. Au moins, moi je m'en suis sorti indemne. Les manières cavalières d'Emetrios n'ont que peu d'utilité... sans un bon cheval. Merci Rouxpoil ! Ayant besoin d'aide, je ne suis pas en situation pour me formaliser. De plus, tout le monde connaît mon peu de goût pour l'escrime, matière hélas tant appréciée par ma famille. J'ai déjà subi dans le passé pas mal de quolibets à ce sujet, il me faut faire avec.

- "Eh bien, chère cousine, je ne suis qu'un humble étudiant en sorcellerie, surpris par des bêtes redoutables alors que je rentrais en Ambre. Seul et légèrement équipé, j'ai opté pour une retraite stratégique. J'ai tout de même fait tomber par ruse une de ces créatures dans un lac d'acide, ce qu'elle n'a pas apprécié. Mon cousin, Emetrios, a opté pour une approche plus directe, et nous voyons le résultat alors qu'il est spectaculairement meilleur que moi, et sans doute que vous, à l'épée."

Je désigne le bras d'Emetrios pour appuyer mon propos. Ce dernier réagit aussitôt.
- "Je n'aime pas me battre sans savoir où je vais. Capturer un molosse n'aurait probablement pas servit à grand chose, ils devaient avoir un veneur. Ou bien, ce sont des démons sous contrat. J'ai fais appel à des soigneurs compétents. Mais selon l'évolution des cicatrices, un oncle ou une tante versé dans l'art du soin me sera de la plus grande aide."
Emetrios prend une pause vaguement héroïque et se masse le bras, sans doute pour se faire plaindre.
- "Et ne te moque pas Victoire, l'âge commence à faire effet, la boisson et la fatigue étaient toutes deux mes compagnons d'infortune lors de cette rencontre. Et je pense après coup que j'ai dû y perdre une bonne trentaine d'amis".
Je ne m'étais pas trompé, quel comédien ! Je souris alors qu'il se tourne vers moi.
- "Si nous retournions dans les ombres où ces molosses nous ont surpris, peut être pourrions nous y trouver quelques indices les concernant et en apprendre un peu plus! Si nous apprêtions un navire nous pourrions rapidement être dans l'ombre où ils m'ont trouvé. De plus je pense que la présence de Tristan pourrait être un plus considérable, il serait une porte de sortie efficace et sûre en cas d'attaque massive."

Je ressens un léger vertige à l'écoute de ces paroles, et ne peux empêcher mon sourire de s'élargir.
- "Bouh, Tu resasses des pensées bien morbides. Tu es encore jeune. Il faut positiver dans la vie : tu serais le premier Ambrien avec une trentaine d'amis. Certes morts, mais quand même."

Je me tourne vers Julian et Victoire afin de faire oublier le plus vite possible cette ridicule idée de partir par bateau.
- "Je me dirigeais vers Arden quand j'ai été attaqué, et j'ai semé ces bestioles en arrivant au Cercle d'Or. Peut-être qu'elles ne peuvent entrer dans des ombres trop près d'Ambre. Cela irait dans le sens de bêtes démoniaques originaires des Cours du Chaos. Je pense au contraire d'Emetrios que capturer l'une d'elles serait plein d'enseignements, et ferait un magnifique trophée. J'aurais tendance à partir d'Arden solidement entouré et équipé. Mais je suis un piètre chasseur, et je demande humblement conseil et assistance aux spécialistes de la famille."

Je m'incline respectueusement devant Julian et Victoire. Un peu de flagornerie ne fait jamais de mal. Après un bref instant de réflexion, mon oncle reprend.
- "Dans tous les cas, apprendre que ce genre de bêtes rodent en Arden, ou à sa frontière, ne me plait pas. Mais j'aurais tendance à penser qu'elles ont suivi ta trace depuis l'extérieur. Si elles avaient guetté en Arden, nous l'aurions su. La manière dont elles ont attaqué Emetrios semble confirmer une traque. Il faudra aller voir sur les lieux pour tenter d'en apprendre plus."

Ma cousine Victoire ne laisse pas passer l'occasion, bien trop belle :
- "Je pourrais vous aider, puisqu'à priori... vous ne pouvez pas vous débrouiller. J'avais un gibier plus intéressant en tête mais ça pourrait être distrayant. Cependant, pour le moment, je dois me préparer pour ce soir."
Elle hoche brièvement la tête, puis s'éloigne d'un pas leste. Elle ferait bien de ne pas trop secouer sa caboche, son petit cerveau risquerait de cogner contre son crâne.

Julian s'approche de nous, son regard glacé nous fixe sévèrement. La menace ne tarde pas.
- "Je compte sur vous pour qu'il n'arrive rien à ma fille. N'est-ce pas ?"

S'ensuit une longue discussion stérile entre les mérites comparés d'une expédition maritime, souhaitée par Emetrios, et un départ d'Arden, vanté par mes soins. Tout nous oppose, méthode, horaire, équipe. La présence de Victoire, indispensable à mon plan et dédaignée par Emetrios, cristallise le débat, qui finit par tourner en rond, aucun de nous n'acceptant de se rendre. J'essaye d'y échapper tant bien que mal.

- "J'avais oublié combien ce côté de la famille pouvait être obstiné. Je continue à penser que partir d'Arden avec des gardes forestiers est une meilleure option. Et Victoire, de par ses compétences de chasseuse, me paraît indispensable sur le terrain. Plus que, par exemple, Tristan, que je vois plus en soutien, afin de nous extraire par atout en cas de problème.  Au pire, si nous ne sommes d'accord sur rien, autant faire deux expéditions. Chacun la sienne. Après tout, l'émulation fait partie des traditions familiales."

Je salue respectueusement mon oncle avant de mettre un terme à la conversation.
- "Nos cousins auront sans doute des suggestions à apporter. Et je demanderais volontiers de l'aide à ma soeur. Je propose d'aller retrouver Tristan."

Julian hoche la tête. Lui aussi devrait faire attention.
- "Je vous laisse décider. Si vous passez par Arden, vous pourrez compter sur mon aide. Dans tous les cas, il me parait appréciable que vous décidiez de vous occuper de cette affaire. Nous nous croiserons ce soir."

Tandis que notre oncle s'éloigne avant de sortir un atout et de disparaître, Emetrios et moi nous dirigeons en silence vers le Labyrinthe végétal où quelques cousins se sont aventurés.


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 31 Déc - 18:06

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Cousins ou oursins, ça pique pareil.

Le goût certain de mon cousin pour le mélodrame commence à me lasser sérieusement. Heureusement que je ne peux lire ses pensées, je m'y noierais forcément. A bien y réfléchir, cela ne vaudrait guère mieux que de suivre son plan puis se noyer en pleine mer une fois notre navire coulé par l'ennemi.
Arrivés au centre du Labyrinthe, nous voyons Tristan, Martin et Lystrella en pleine conversation. je laisse Emetrios les interrompre, il semble adorer cela.

- "Salut Tristan, Martin et Lystrella. J'espère ne pas écorcher ton nom, cousine. Tristan, j'ai une requête à te faire. Souhaiterais tu nous accompagner en ombre pour nous aider à comprendre ce qui nous est arrivé ?"

La réponse fuse, immédiate et sans surprise pour qui connaît un peu notre artiste de cour.
- "Emetrios ! Si tu essayes encore de m'entraîner dans une chasse aux monstres... Je crains que mon agenda ne soit plein pour les deux années qui viennent."

Ma cousine souit, un peu goguenarde.
- "En effet cousin, c'est bien lisse-tré-la que cela se prononce. Par contre Martin tu mettais en garde contre de fausse promesse de grandeur et l'on me parle déjà de chasse aux monstres ? ".
Elle se tourne vers moi, et fait une brève révérence.
- "Nous n'avons pas été présenté !? Un autres de nos nombreux cousin je présume ? ".

Martin nous salue.
- "Je n'aimerais pas paraître trop curieux, mais quelle est cette histoire de "chasse au monstre" ? A titre personnel, j'y vois plus une méthode douloureuse de se suicider, plutôt qu'un moyen d'atteindre la grandeur..."
Puis, se tournant vers sa cousine :
"Lystrella, je te présente en effet Bérenger, fils de Bleys et cavalier émérite."

Enfin des membres de la famille polis et civilisés, cela va me changer. D'un geste élégant de mon chapeau, je salue l'assistance. Ce qui laiss hélas le temps à Emetrios d'ouvrir la bouche pour un long monologue.
- "Contrairement à Bérenger, je ne souhaite pas participer à une chasse au monstre, c'est plutôt une chasse à l'homme dont je voudrais te parler. Comme tu le sais, Bérenger et moi avons été attaqué, Bérenger s'en est mieux sorti que moi. Mais contrairement à lui, je veux connaitre l'identité de leur maître. Bérenger souhaite en capturer un.
Mon premier problème c'est que Victoire veut participer à cette chasse. Non pas que je n'ai pas confiance, mais je préfère ne pas m'attirer la colère de son père. Personnellement je préférerais faire sans elle. Et partir juste après la soirée, avant d'aller me coucher. Bérenger et moi ne sommes pas tout à fait d'accord sur la route à suivre, mais c'est un détail sur lequel nous pouvons nous accorder plus tard."
Tout en parlant, il s'assoit sur un banc de pierre et masse son bras. Impossible de l'interrompre sans faire preuve d'une grave impolitesse, ce qui me gêne bien plus que lui.
- "Mon second problème est de m'assurer une possibilité de fuite plus rapide que la Marelle. Tu es le seul de notre génération à avoir ouvertement fait part de ton amour des atouts. Tu es donc le seul qui puisse nous rapatrier en une pensée vers ici."
Emetrios semble s'arrêter, mais reprend immédiatement la parole avant que quiconque puisse répondre.
- "Mais tu es aussi le plus à même de te faire une empreinte psychique des individus que nous pourrions rencontrer. Je suppose que l'individu que je cherche devrait assez être puissant pour te laisser une impression durable. Je pense que nous ne réussirons pas à l'approcher suffisamment pour que je puisse lui soutirer un objet personnel. Tu es donc le plus qualifié d'entre nous pour réussir à déterminer s'il s'agit d'un membre de la famille ou un tiers extérieur. Je ne veux pas récupérer un de ces molosses, je veux trouver leur veneur et en apprendre un peu plus sur lui."

Imperturbable devant cette logorrhée interminable, je fais trois pas de côté pour me démarquer de mon sombre cousin. Je recommence une profonde révérence devant Lystrella. Une petite plaisanterie devrait permettre de détendre l'atmosphère.
- "Chère cousine, je suis enchanté de faire enfin votre connaissance. Je vois que vous fréquentez déjà l'élite de notre génération, proche du trône. Vous voilà maintenant devant la lie de notre génération, poursuivie par des loups."
Je souris en replaçant mon chapeau sur ma tête.
-"Pour faire bref, nous voulons Emetrios et moi enquêter sur ces loups qui nous ont attaqués. A part ça, nous ne sommes d'accord sur rien. J'envisage une battue à partir d'Arden en descendant lentement en ombre. Le but est de capturer un loup afin de l'étudier. Mais si la tâche s'avérait trop complexe, recueillir le plus de renseignements voire le bout d'un loup serait déjà bien. S'ils viennent des Cours du Chaos c'est peut-être une nouvelle déclaration de guerre."

Tristan a l'air constipé, ce doit être l'effet d'une concentration un peu trop poussée.  Il parle enfin, d'une voix lente et grave.
- "Nous parlions, avant votre arrivée impromptue, sur l'intérêt de la franchise chez les petits-enfants d'Obéron. Devons-nous nous comporter comme nos aînés - des manipulateurs aussi retors que cyniques ?  Je vais essayer d'être honnête, plutôt que de recourir comme d'habitude à une prudence toute diplomatique."
Ouille, à mon avis cela ne va pas tarder à piquer.
- "La perspective de passer autant de temps avec vous deux, chers cousins, le brun lugubre et le roux surexcité... me consterne. Mais que des fauves attaquent les héritiers d'Ambre quand ils séjournent en Ombre, voilà qui ne peut être toléré. D'autant que mes études vont me conduire assez loin d'Ambre, du côté de l'arbre mythique, Ygg. Je pourrais donc envisager de me joindre à une expédition, si plusieurs conditions sont remplies..."

S'ensuit une litanie de conditions extravagantes. En résumé, il ne partira pas sans deux milles hommes et de longs préparatifs. Lystrella et Martin essayent de le convaincre d'opter pour une expédition bien plus petite, sans trop de résultats.
Emetrios intervient pour raconter ce qu'il lui est arrivé.
- J'étais en train de pisser quand j'ai entendu des combats dans les rues. Les hommes se sont précipités dehors. J'avais décidé de les laisser à leur sort depuis quelque jours. Il n'y avait plus rien qui me retenait dans cette ombre. J'ai effectué un glissement en ombre et je suis parti. Puis j'ai été surpris par deux molosses bientôt rattrapé par des arbalétriers. J'ai tenté de les distancer en ombre, mais ils m'ont suivi. J'en ai blessé une, mais pas assez fort pour la tuer. Acculé et proche d'un sort définitif, Tristan m'a appelé, je lui ai demandé s'il pouvait me faire passer."
Emetrios écarquille alors ses yeux et prend un air halluciné. Il balbutie que ces bestioles ont goûté son sang et peuvent le retrouver. Sa conversation devient de plus en plus inquiétante, et ses propos deviennent incohérents. Je ne peux m'empêcher de relever les plus grosses contradictions.

- "Je crains que les morsures de ces bêtes soient empoisonnées et brouillent l'esprit. Emetrios se lamente d'avoir perdu une trentaine d'amis dans cette rencontre avant d'avouer qu'il n'avait plus rien à faire d'eux et qu'il les a abandonné sans un regard en arrière. Il reconnaît l'immense danger de ces créatures, qui ont failli le tuer, et propose l'instant suivant de partir en tout petit groupe, ce qui me paraît particulièrement risqué si ces bêtes nous débusquaient. Un poison subtil pourrait expliquer ces divagations. A moins que..."
Une révélation soudaine me glace l'échine.
- "Emetrios est peut-être contrôlé mentalement par l'invocateur de ces loups démons. Cela expliquerait son acharnement à nous envoyer dans ce qui ne peut-être qu'un odieux piège visant à capturer ou tuer des Ambriens !"

Je me fais immédiatement tancé par Tristan, tandis que Lystrella ricane à mes dépends. Décidément, je n'ai pas une bonne côte de fille ! Ma remarque, pourtant parfaitement fondée, énerve encore plus Emetrios. Je n'aimerai pas rester seul avec lui.
Martin toussote avant de prendre congé, lassé par notre conversation. Il nous prie d'essayer de ne pas nous étriper en son absence.

Emetrios ne paraissant pas particulièrement baver (enfin pas plus que d'ordinaire) et sa pilosité semblant rester sagement à sa place, le danger me paraît moins immédiat. Le départ de Martin fournit cependant une occasion de fuite qui ne se représentera pas de sitôt, Je me précipite derrière lui, en ne prenant que le temps de courtes excuse envers mes autres cousins.


Dernière édition par Bérenger le Lun 1 Jan - 21:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 1 Jan - 11:48

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Interlude

En sortant du Labyrinthe végétal, je pense à demander à Martin une audience auprès de son père, le roi de droit licornien Random. Il me faut maintenant chercher d'autres alliés. Il paraît cependant bien difficile de trouver de l'aide dans notre famille. Je vais essayer auprès de mon père, ça ne coûte rien de demander. Malheureusement pour rien tu n'as souvent pas grand chose... Je finis par trouver Clara et Bleys dans les écuries du château, ma soeur semble se chercher un cheval en Ambre. Excellente initiative, mais je n'ai pas le temps de parler chevaux.
J'explique une nouvelle fois mes projets. L'écoute est plus attentive chez Clara, qui a hélas un autre projet sur le feu. Bien évidemment, mon père élude toute tentative de le faire participer à mon expédition. J'ai enfin une réaction quand j'évoque que mon cas n'est pas isolé.
- "il faudra procéder avec méthode pour tirer ça au clair. Deux attaques, sur deux membres de la famille, quand ils sont isolés, n'est pas une coïncidence. Le contexte aussi m'interpelle. Quelques jours avant notre réunion en Ambre..."
J'enchéris immédiatement.
-"Je dois avoir une entrevue avec le Roi au sujet d'une expédition pour enquêter sur ces bêtes. Nous avons besoin de plus d'informations, et je compte me montrer prudent. Au pire, l'un de mes cousins me semble tailler pour le rôle d'appât ou de bouclier humain, il devrait attirer les loups comme un aimant. A priori c'est héréditaire, c'est le fils d'Eric."
Mon père sourit d'un air narquois.
- Oui, c'est un peu la malédiction des enfants de Faiella... Emetrios sait par quel bout on tient une épée mais il est trop habitué à des menaces ombriennes, comme Bénédict, et peut être déstabilisé face à un vrai danger. Dans tous les cas, soit prudent et tiens moi au courant de tes préparatifs. Ca me permettra de te sortir d'un mauvais pas.

Bon, je vais me contenter de cela pour le moment, c'est déjà mieux que mes prévisions. Il est temps de me préparer pour le dîner. Je choisis une tenue de cavalier beige, élégante et bien coupée mais sans fioriture, peu être trop sobre pour la soirée, et évite tout bijou. En me regardant dans un miroir, je me rends compte que j'ai machinalement sélectionné une tenue fort pratique pour la fuite. Cela en dit long sur mes goûts en matière de mondanités.
En arrivant au dîner, je ne cherche qu'à faire tapisserie. Mon attention dérive sur les rideaux, qui pourrait servir à confectionner une excellente tenue de camouflage pour nos réunion de famille. Mais Dame Margot n'acceptera jamais que j'en découpe un bout. Je chuchote tout bas que la bienséance est l'ennemie de la science, puis demande à Martin où est ma place, que j'espère le plus près possible d'une sortie.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 1 Jan - 13:47

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Tata Fiona à la rescousse.

J'ai peu l'habitude des dîners de famille. Ou plutôt, j'ai vite appris à les détester encore plus que les cours d'escrime : une langue peut être bien plus acérée qu'une épée. Heureusement, il s'agit pour le moment d'un simple buffet.
Ma famille arrive peu à peu.  Nora et Victoire sont déjà là, et gloussent comme des petites folles dans un coin, sûrement à l'affut d'une proie innocente qu'elles pourraient tourner en ridicule. Je les salue de loin, faire mine de les ignorer ne pourrait que les exciter davantage. Ma tante Fiona termine une discussion avec Tristan, et se dirige soudainement vers moi. Je ne m'y attendais pas. Dans un passé récent, elle avait plutôt tendance à refuser de répondre à mes innombrables (mais toujours pertinentes) questions, voire à fuir ma présence. Elle avait même suggéré fermement, à de nombreuses reprises, que je ferais mieux d'aller voir ailleurs si elle s'y trouvait. Toutefois, à force d'y aller à cheval, en bon neveu obéissant, j'avais pris le goût des voyages et de l'équitation. Ce qui était finalement mieux pour tout le monde.

Fiona m'interroge sur mon agression. J'aurais espéré une autre entame, plus désireux de parler de mes études à la plus brillante de la famille, mais ce sera pour une autre fois. Je recommence une énième fois à raconter ma mésaventure et celle d'Emetrios. Je pourrais la chanter tellement je l'ai ressassée.
Fiona écoute attentivement, sans m'interrompre. Elle lève ensuite un doigt en l'air, et débute sa leçon.
- "Posons le problème en termes mathématiques et cherchons le dénominateur commun. Premièrement, vous avez été attaqués en Ombre et les créatures ont refusé de te suivre dans le Cercle. A priori, le site étant défendu, cela aurait pourrait être le motif de l'arrêt de la poursuite. Mais elles ont pourtant attaqué Emetrios dans des conditions où le rapport de force aurait pu leur être défavorable. Autre possibilité, l'aspect plus "réel" du Cercle est un repoussoir. Mais mon petit doigt me dit que tu as omis une information..."
Fiona m'étudie attentivement, j'ai l'impression angoissante d'être un insecte dans le laboratoire d'un entomologiste. Elle ouvre ensuite un second doigt.
- "Vous n'étiez accompagné d'aucun de vos cousins ou de mes frères. On peut donc vous qualifier de cibles relativement vulnérables. Toutefois, les compétences martiales d'Emetrios et tes... capacités... magiques ne sont pas un grand secret. Si les créatures, ou celui, voire celle, qui les contrôle était au courant, il a estimé que ça ne vous donnait pas un avantage conséquent ou décisif. Dans le doute, partons du principe que votre adversaire vous connait bien..."
Nouvelle pause. Fiona scrute toute la salle, son regard s'arrêtant sur Corwin qui vient d'arriver, accompagné de Cassandre. Troisième doigt levé :
- "Vous étiez déjà connu en Ambre. Si nous partons du principe que ce n'est pas une coïncidence, et si on se rend compte que personne d'autre n'a été attaqué, il ne connaissait donc pas l'existence des enfants cachés de mes chers frères et sœurs. Pourquoi aucun de tes cousins déjà recensé n'a été attaqué ? Quel point commun justifie ce non-choix ? Enfin puisqu'on en parle, est-ce qu'un de mes frères ou une de mes sœurs a été victime d'un assaut ?"
Fiona me prend par le bras, ce qui me fait frissonner.
- "Commençons notre enquête passionnante et allons interroger Cassandre, histoire d'éliminer quelques inconnues de cette équation."

J'ai à peine le temps d'avertir Fiona que la blessure d'Emetrios m'inquiète que me voilà devant Corwin et Cassandre. Je présente mes hommages à mon oncle et ma cousine, avant d'entrer dans le vif du sujet.
- "Vous ne me connaissez sans doute pas, je suis Bérenger, fils de Bleys, apprenti sorcier et sûrement comte ou baron d'un lieu quelconque, même si le nom m'échappe en ce moment. Je n'ai sans doute pas besoin de vous présenter notre tante, la Princesse Fiona, Gardienne de la Marelle. Il m'est arrivé une mésaventure assez désagréable il y a peu. Je viens m'enquérir si d'autres membres de la famille ont subi les mêmes désagréments, et pour vous prévenir dans le cas contraire."

Corwin a une réaction inattendue. Il éclate d'un rire tonitruant tout en se servant un verre d'alcool fort.
- "Gardienne de la Marelle !!! Fi, c'est le surnom que tu imposes à nos nièces et neveux ? Et moi, que suis-je ? Le défenseur héroïque de la réalité ?"
Cassandre hésite, puis rit poliment pour imiter notre oncle.

Un peu désarçonné, je ne sais que dire. Pour parfaire la situation, Emetrios arrive. Me voilà cerné par le côté obscur de la famille (et pas que pour la couleur de cheveux). Fiona l’accueille pourtant en souriant.
- "Je suis contente de te voir. Vois-tu, ces rustres se permettaient de se moquer de moi. Tu viens de me sortir de cette situation, je te dois donc un service.
Ma tante tire le groupe un peu à l'écart, attrape la main d'Emetrios et retire le bandage. Elle observe la blessure quelques instants et laisse échapper un léger sifflement.
- "Corwin, as-tu déjà vu quelque chose de ce genre ?"
Le défenseur héroïque de la réalité regarde à son tour, avec sérieux.
- "Je n'ai jamais vu de blessures évoluer ainsi. Ou plutôt, ne pas évoluer. C'est comme s'il n'y avait plus de cicatrisation, ou d'infection."

Fiona pince ensuite méchamment Emetrios, un centimètre en regard de la plaie. Les sensations semblent clairement amoindries. Je grimace, j'ai beau ne pas apprécier Emetrios, je ne souhaite à personne une telle blessure. Mais à vrai dire je n'ai pas encore de véritable ennemi, qui pourrait en vouloir à un brillant étudiant, si sympathique ?
Une liste de noms commence à s'allonger dans mon esprit, je rate presque le diagnostic de Fiona.
- "Bon, il n'y a pas de dangers ou d'urgence mais il faudra s'occuper de ça. Passe me voir demain matin et je ferai une étude approfondie, si tu le souhaites. En attendant, vous avez des investigations à mener. Commencez donc par interroger Cassandre puisqu'elle est là. Je vais tout expliquer à mon frère."
En moins de temps que nécessaire pour dire "défenseur héroïque de la réalité", Fiona s'est déjà écartée, entraînant Corwin vers l'orchestre. Au même moment, le roi Random entre à son tour. Les conversation s'arrêtent et Gérard lance un toast. Notre amiral semble savoir naviguer aussi bien à la Cour qu'en mer, ce qui est loin d'être mon cas.

Je tente un clin d'oeil en direction de ma cousine Cassandre.
-"J'aime décidément beaucoup l'oncle Corwin. Il n'a pas oublié que nous sommes une famille avant d'être un royaume et que nous ne gagnerons rien à trop nous prendre au sérieux. Même Random a l'air constipé depuis qu'il est roi, c'est dramatique."
Je raconte à nouveau mon histoire, puis présente Emetrios. A force de me répéter, je vais devenir chèvre. Je piaffe d'impatience. Notre affaire avance bien trop lentement. Au lieu d'écouter Emetrios, ce qui n'aurait aucun intérêt, je préfère observer Cassandre, qui est fort jolie. Sa robe couleur mercure se marie bien avec son teint pâle et sa chevelure sombre. Elle me fait penser à un tableau de sa mère, Deirdre. Je frissonne un instant, elle pourrait bien être son fantôme. Je me resaisis et tente de recoller à la conversation. Cassandre semblait en train de répondre à Emetrios.
- "Le défi me semble grand. Si ces créatures ont pu mettre en déroute un bretteur tel que toi, c'est qu'elles doivent être dangereuses. D'un autre côté, le fait que notre cher Bérenger aie survécu pourrait laisser penser le contraire... Dans tous les cas, je t'aurais volontiers proposé de vous accompagner mais tu as l'air réticent à une présence féminine. A moins que ça ne soit le côté volontaire qui t'indispose. Une vieille habitude de soldat qui préfère forcer les femmes ?"
Si son épée est aussi acérée que sa langue, je n'aimerais pas croiser le fer avec elle.

Les portes s'ouvrent soudain à toute volée. Tout le monde se retourne.
- "Le roi Thomas de Callistra, du Cercle d'Or, et sa future épouse, Dame Florimel." clame un hérault.
Ma tante resplendit dans une robe blanche et pourpre. Le silence s'installe, seul le bruit de Gérard, tapant violemment dans le dos de Random qui vient d'avaler un petit four de travers, perturbe le calme.
Nettement moins surpris que le reste de l'assemblée, je profite de cette diversion pour saluer Cassandre et m'éloigner.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 1 Jan - 21:37

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Une réunion de famille qui tourne mal.

Un instant interrompues, les conversations reprennent. Random et Florimel semblent échanger des mots aigre-doux, tandis que Fiona finit par se disputer avec Corwin, et semble même sur le point de le gifler. Julian vient s'interposer, et ma tante décide de se retirer. Florimel ne peut s'empêcher de ricaner devant ce désolant spectacle, les gloussements de Nora et Victoire faisant écho.

Je serais mieux à peu près n'importe où. Rouxpoil me manque, j'aurais dû prendre le temps d'aller le chercher plutôt que de participer à cette mascarade. Je profite que personne ne semble s'intéresser à moi pour attaquer le buffet. J'ai à peine le temps de goûter ces excellents mets, à peu prés le seul élément sans fausse note de cette soirée, qu'un groupe imposant s'approche d'Emetrios et moi : notre roi Random, Merlin, l'usurpateur des Cours du Chaos, et le fidèle Gérard.

Le roi semble décrire la situation à Merlin.
- "Voyez-vous, deux de nos neveux ont été attaqués par des créatures redoutables en Ombre. Au vu de l'intervalle de temps, cela n'est probablement pas fortuit. Il faut déterminer la marche à suivre la plus efficace, et la plus prudente. Je serais presque tenté de vous accompagner pour me changer les idées ; à moins que je n'envoie ma chère sœur se faire grignoter un peu", conclut-il en jetant un regard assassin à Flora.

Les mots sortent de ma bouche tel un sermon mainte fois ânonné. Je raconte une fois de plus mon histoire alors qu'un mal de crâne commence à poindre à l'horizon. Je conclus en expliquant les projets d'expédition : tuer ou capturer un loup, voire l'un des arbalétriers vus par Emetrios. Nous devrions organiser tout cela demain matin, après une bonne nuit de sommeil.
Emetrios s'éloigne sans intervenir, et se fait rattraper par Gérard. Voir le colosse d'Ambre rappeler les bonne manières à mon cousin est quand même un peu déroutant. Je l'imaginais plus débonnaire et moins collet-monté.

Merlin réfléchit et indique qu'il va se renseigner sur ses créatures. Random enchaîne.
- "Nous devrons en effet établir un protocole d'action au plus tôt. Donnons-nous rendez-vous demain dans mes appartements. Une troupe nombreuse n'est pas très discrète et les créatures auront détalé avant que nous n'arrivions. De même, évitons de mêler trop de personnes et donc de multiplier les cibles potentielles. Bérenger, je te laisse choisir avec qui tu veux partir. En attendant, profitons encore un peu de la soirée. Je pense que Martin va jouer un morceau et puis nous pourrons passer au repas."

Pour calmer mon mal de tête, j'ai avalé plusieurs coupes de champagne. Sans résultat, une profonde lassitude se dispute avec l'agacement de répéter encore et encore mon histoire.  Je me fends d'une profonde révérence, puis me dirige vers Florimel, que je n'ai pas encore saluée. Après un instant d'hésitation, je me retourne au bout de quelques pas. Les mots s'échappent de ma bouche sans que je puisse les contrôler. Je suis bien plus énervé que je le croyais.
- "Votre majesté, je vous fais respectueusement remarquer qu'au vue de vos nombreux déboires sentimentaux durant votre jeunesse tumultueuse, vous n'êtes pas le mieux placé pour critiquer votre soeur Florimel !".

Heureusement, Tristan intervient et tente de sauver la situation, et mon cul par la même occasion. Je lui en dois une. Alors que le roi s'apprête à reprendre du Champagne, les portes s'ouvrent - encore - avec éclat. Random semble aussi énervé que moi, il ne peut s'empêcher de s'exclamer.
- "Putain ! Le prochain qui fait claquer ces putains de portes finira dans un putain de..."

Ses mots restent en suspend. Je me retourne alors lentement. Comme dans un rêve, je vois Cassandra franchir la porte, le visage ensanglanté et en larmes. Elle traîne derrière elle le corps inanimé de Lystrella.
- "Je suis désolée... Elle s'est emparée de mon arme... et a tué Rinaldo !"

J'en reste bouche bée. Je marmonne stupidement la première chose qui me vient à l'esprit.
- "Alors là, niveau provocation, je suis battu un million à rien."
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 1 Jan - 22:28

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Je ne suis pas un héros.

Je suis encore frappé de stupeur. Heureusement certains réagissent plus vite que moi. Julian se place devant la porte principale afin de sécuriser la scène, tandis que Random donne ses premiers ordres. Gérard et Dalt emmènent Lystrella dans un cachot. Cassandre se réfugie dans les bras de Corwin. Elle tend l'arme du crime à son oncle, qui la récupère l'arme et l'attache en bandoulière.

Random demande à mon père de l'accompagner voir Rinaldo. Bleys me glisse quelques mots avant de s'éloigner.
- "Il y a quelque chose qui ne me plait pas dans cette histoire. Prend ta sœur avec toi et surveillez Corwin. Au moindre phénomène bizarre, préviens-moi" ajoute-t-il en me tendant son atout.
Random demande enfin à Tristan de retrouver Fiona, puis sort avec Bleys.

Ragaillardi par la confiance inattendue de mon père, je chuchote à Clara mes premières impressions.
-"Surveille attentivement Corwin, qui m'a l'air bien pressé de récupérer l'arme du crime. Quand au mauvais mélodrame de Cassandre à l'instant, le public est bien apathique ce soir. C'est horriblement mal joué. Dans d'autres lieux, elle se serait fait copieusement sifflée. Tout cela pue le complot à cent lieues."

Cassandre se reprend, et raconte les événements. Elle et Lystrella sont allées confronter Rinaldo. Après tout, il a tué le père de Lystrella, tandis que son père, Brand, est  responsable de la chute de Deirdre dans l'Abîme. Elles ont pris les escaliers menant aux appartements de Rinaldo, qui était en pleine conversation d'atout. Lystrella s'est ensuite jetée sur Rinaldo, avec l'arme de Cassandre, et l'a percé de part en part, au niveau du cœur.

Corwin prend alors sa nièce par les épaules et se dirige vers la sortie. Clara et moi le suivons, et je lui demande le plus respectueusement possible.
-"Oncle Corwin, Défenseur héroïque de la réalité et Ultime rempart de l'Ordre, je me dois de remarquer que vous portez à votre côté l'arme du crime. La situation est délicate, et loin de moi est l'idée de douter de Cassandre, mais il faudrait examiner cette épée le plus vite possible. Il me paraît souhaitable que vous la laissiez à quelqu'un de confiance...
Hum, excusez-moi, je voulais dire que vous laissiez cette épée à un autre membre de la famille. Bon, il ne reste plus grand monde, mais je suis disponible et to-ta-le-ment i-no-ffen-sif. C'est bien simple, je sais juste par quel bout cela se tient. Si vous pouviez doucement retirer cette arme, et me la passer, cela prouverait la bonne volonté de tous à régler cette malencontreuse affaire."

Corwin hésite, et regarde Cassandre, qui hausse les épaules. Le Défenseur de la Réalité renonce à faire un esclandre et me tend l'arme du crime.

Grand trou noir...
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 1 Jan - 23:09

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Au cachot.

Je me réveille avec une immense douleur à la mâchoire. Mes souvenirs sont confus et fragmentaires.
Je saisis l'épée. Une impérieuse sensation de devoir protéger Cassandre. Le désir de tuer tous ceux qui s'opposeraient à elle. La surprise d'entendre que Corwin serait l'oncle préféré de la famille. Un bref combat. Je tombe à terre. Ma sœur qui me porte. Des escaliers.

Je ne suis pas entravé, mais me retrouve dans un cachot. Il me semble reconnaître les voix de Gérard et Dalt à l'extérieur.

Une illumination vient balayer l'épais brouillard qui régnait dans mon esprit. Cette foutue épée devait contenir un sort de compulsion !

Encore un peu dans les vapes, j'entends la porte s'ouvrir. Random vient m'interroger.
- "Bérenger, raconte-moi exactement ce qui s'est passé", énonce-t-il d'un ton sévère.
Je ne peux que gémir.
-"Je suis innocent comme l'agneau qui vient de naître."

Random me laisse un peu de temps. J'arrive peu à peu à me calmer, et à me remémorer avec plus de précisions les évènements. Je prends une grande inspiration.
-"Bon, quand Cassandre est revenue dans la salle de bal en annonçant la mort de Rinaldo, je me suis dit deux choses.
Un, son monologue est atroce, aucune chance qu'elle fasse carrière comme actrice.
Deux, sa volonté d'escamoter l'arme du crime est hautement suspecte.
N'étant pas professeur de théâtre, je me suis surtout intéressé à cette arme. Non que je sois spécialiste de l'escrime, mais les énigmes policières m'ont toujours fasciné.
Quand j'ai vu que Corwin et Cassandre se dirigeaient vers la sortie, je me suis interposé pour récupérer la dite arme du crime. Je voulais juste qu'elle soit étudiée par un mage compétent, comme mon père ou Merlin, ou encore mieux par Fiona. Je pensais qu'un sortilège de psychométrie permettrait sans doute de revoir le déroulement du crime."

Je grimace, je passe aux souvenirs encore flous.
- "Le souci, c'est que lorsque j'ai tenu l'épée en main, j'ai été pris d'un désir incontrôlable d'aider Cassandre. Lorsque elle m'a ordonné de tuer, j'ai hélas obéi, pressé de lui plaire. Face à moi, il y avait ma sœur, Clara, Tristan, mon estimé cousin, et Défaite. Hum, je veux dire mon humble et dévouée cousine Victoire. J'ai donc attaqué cette dernière, mon esprit étant partiellement obscurci par la compulsion.
Après, j'avoue que j'ai vraiment du mal à me rappeler les évènements. Je suppose que les actions courageuses de Clara, Tristan et Emetrios ont permis de régler cette situation délicate. Même si, franchement, je ne suis guère dangereux une épée en main. De mémoire, Défaite semble n'avoir servi à rien, mais ça, on a plutôt l'habitude."

J'estime avoir été impartial, même si m'en prendre à Victoire est complètement gratuit.

Random m'écoute avec attention, puis tourne les talons.
- "J'ai encore quelques détails à éclaircir. Tu vas devoir attendre encore un peu. Je vais te faire apporter de la nourriture".

N'ayant rien de mieux à faire, je pique un bon somme. J'en ai bien besoin. Je suis réveillé par le
bruit d'une clé s'agitant dans la serrure. Gérard apparaît dans l'encadrement lumineux.
- "Bonne nouvelle fiston, tu es libre. On se dépêche, Random organise une petite réunion pour réfléchir à la suite à donner à ces malheureux événements."

Je ne peux me retenir de chanter, l'émotion, sans doute.

- "Le froid s'installe doucement dans mon cœur
Le doute est roi à son tour
Un royaume de suspicion
Ma place est là pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
Il est bien trop fort
J'ai lutté, en vain

Cache tes pouvoirs, n'en parle pas
Fais attention, ta vie en dépendra
Pas d'états d'âme, pas de tourments
De sentiments...

Libéré, Délivré
De ce maudit cachot
Libéré, Délivré
J'avais vraiment les grelots
Plus gros que ceux d'un cachalot

Enfermé à tort,
Qu'il est plaisant de retrouver la liberté !"
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Bérenger

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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 4 Fév - 18:33

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Dans un petit coin.

Gérard me conduit dans un petit cabinet, où une partie des acteurs de la tragédie de la veille sont déjà présents : Lystrella, à priori sortie comme moi d'une geôle, ainsi que Bleys, Clara, Random, Tristan, Emetrios et Nora. Le soleil n'est pas encore levé. Un grand feu de cheminée essaye tant bien que mal de réchauffer l'atmosphère. Au dessus, le portrait d'Obéron a franchement l'air de se moquer de nous.

Je ne suis pas fier de moi. Aussi, je me fais tout petit, je me suis déjà fait assez ridiculisé comme cela. La réunion commence, et les événements de la veille sont vite résumés. J'apprends comment Tristan et Clara ont réussi à me désarmer. Je leur en dois une. La fuite de Cassandre par atout prouve qu'elle dispose d'alliés puissants. Mon père intervient, et explique que l'épée de Cassandre abrite un esprit à ses ordres, suffisamment puissant pour contrôler son porteur. Cela me dédouane, ainsi que Lystrella, mais je me sens tout de même assez piteux.
Les alliés de Cassandre sont évoqués. La participation des Cours du Chaos semblent évidente, mais il est difficile de déterminer quelle faction est concernée. Tristan propose d'enquêter aux Cours, après tout, il en vient et sa famille maternelle pourrait l'aider.
Lystrella confirme ensuite ce qui lui est arrivé : Cassandre lui a bien confié sa rapière, et elle a été forcée de tuer Rinaldo. J'ai du mal à garder profil bas, et je ne peux m'empêcher d'intervenir.

-"Les ressources déployées par Cassandre, comme les bestioles recrutées, la puissance de l'esprit présent dans sa rapière, la manière de s'enfuir, me semble hors de portée d'une jeune cousine. De plus, utiliser la magie est fort difficile à Ambre, et si le voyage entre Ambre et les Cours du Chaos était si simple, il y a bien longtemps que nous serions envahis par des touristes ! J'ai peur que notre ennemi soit plus puissant que, disons, une faction dissidente des Cours, qui était mon hypothèse première suite à mon agression. Puisque Deidre est concernée, peut-être quelque chose sortie de l'Abysse et désirant nous punir d'utiliser son foyer comme un cimetière... "

La discussion tourne ensuite sur les attaques de chiens infernaux, et aboutit à une conclusion glaciale : Emetrios et moi sommes les seuls représentants de la dernière génération dont l'existence et l'habitude de voyager seul en ombre étaient connus de tous. Les autres n'étaient pas encore officiellement présentés, comme Lystrella et Clara, ou se trouvaient dans des endroits sûrs : Arden, Rebma, Ambre. Nous étions donc des cibles évidentes.

Deux expéditions sont décidées : Tristan, Lystrelle, et Bleys vont partir enquêter aux Cours, et Emetrios va essayer de retrouver les bêtes qui ont chercher à le dévorer. Je comprends avec effroi que tout le monde s'attend à me voir partir avec lui. Bon, vu mon implication dans l'affaire, je n'ai guère le choix. Une vague impression de culpabilité me fait accepter de suivre mon ténébreux cousin. Il faut vraiment que j'apprenne à dire non...

Emetrios désirant partir tôt avec son navire, il ne me reste plus qu'à me biturer la gueule dans une taverne du port, histoire d'oublier dans quel guêpier je me suis fourré.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 4 Fév - 18:46

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Oh mon bateau.

J'ai eu à peine le temps de vider quelques barriques que c'est déjà l'heure d'appareiller. Heureusement, une pluie fine me rafraîchit quelque peu avant de monter à bord de l'Ambitieux, fier clipper aux couleurs d'Ambre. Ce nom n'est pas un bon présage, l'ambition mène tout droit à la ruine, au moins me voilà prévenu.

N'ayant aucune compétence de marin, je me présente vaguement au contremaître, et m'affale dans un hamac afin de rattraper ma nuit. J'articule quelques mots avant de m'assoupir.

- "Veuillez ne pas me déranger, sauf bien sûr en cas d'attaque de monstre."

Je me rappelle maintenant pourquoi je n'aime pas naviguer, il n'y a rien de plus ennuyeux qu'un voyage par bateau. La traversée dure une bonne semaine, et ne présente aucun intérêt. Je laisse Emetrios guider le navire à travers les ombres. Enfin, un petit matin, notre destination se profile au loin alors que la pluie recommence à tomber.

Il semble s'agir d'un port militaire. Quand nous approchons, nous constatons qu'un terrible combat s'est terminé il y a peu de temps. Des épaves jonchent le port, et la pluie n'a pas fini d'éteindre les incendies ayant ravagé la cité. Vu la surprise d'Emetrios, il semblerait que le port était dans un bien meilleur état à son départ. Notre équipage devient nerveux, sa réticence à accoster est évidente.

Nous convenons d'un plan simple : le navire reste à distance du rivage, prêt à repartir, pendant qu'une chaloupe est envoyée au port avec Emetrios et moi. Nous récupérons des informations, avant de décider de débarquer pour établir une tête de pont ou de rentrer avertir le Roi. Le plan faisant prendre tous les risques à notre famille, les marins acquiescent avec empressement.

Pendant que je cherche les clés de l'ombre, Emetrios fait préparer la chaloupe. Je ressens une impression étrange, comme si les règles de la magie fluctuaient. J'ai un mauvais pressentiment, mais il faut y aller.

Nous descendons dans la chaloupe de l'Ambitieux. Emetrios rame vigoureusement, alors que j'observe avec attention les alentours. Il m'explique qu'il s'agit de l'arsenal du royaume de Sollys, et que son roi l'avait embaucher pour gagner quelques batailles. Nous arrivons près d'un ponton. Emetrios attache l'embarcation puis nous retrouvons la terre ferme. L'odeur est infecte. Partout, des cadavres en décomposition.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 4 Fév - 22:57

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Quand il ne reste plus aucun espoir.


Je m'efforce de rester discret tout en examinant les cadavres. Les civils ont tous été égorgés lors d'exécutions sommaires. Les gardes, reconnaissables à leur uniforme, semblent avoir résister, et ont été  systématiquement mutilés : pieds, tête et mains tranchés. Emetrios, encore plus sombre qu'à l'accoutumée, commente laconiquement.

- « Les femmes n'ont pas été violées, c'est déjà ça... ».

Nous ne trouvons aucun survivant dans les maisons près du port, fouillées puis incendiées par l'ennemi. Je me résous à lancer le sortilège de détection de vie mémorisé juste avant de quitter l'Ambitieux. Aucune trace de vie dans la cité... Emetrios a du mal à me croire.

- « C'est quasiment impossible. Même en passant une ville au peigne fin, ce qui prends des jours, on oublie toujours une trappe, un grenier, une maison... Les habitants savent se cacher ».

Nous approchons des portes de la ville, que nous trouvons grandes ouvertes. Je frissonne quand je reconnais les blessures, infligées par des crocs et des griffes. Nous avons à peine le temps de nous interroger sur la façon dont les portes ont été ouvertes, que mon sortilège s'affole. Un molosse surgit d'une maison, pourtant vide lorsque nous l'avions visitée. Il ouvre la voie à une demi-douzaine de soldats vêtus de noir.

L'ennemi semble pouvoir apparaître de n'importe où. Nous avons été repérés, et notre mission est compromise. Il faut déguerpir ! Je crie à Emetrios.

- « Ils sont trop nombreux, fuyons ! ».

Je pars droit devant moi jusqu'au bâtiment le plus proche. Je grimpe sur un tas de gravats et me hisse à la force des bras sur une toiture. Je commence à sauter de maison en maison afin de rejoindre le port. Emetrios n'a pas suivi mon conseil et a commencé à se battre. Tant pis, j'espère qu'il s'en sortira.

J'ai fais la moitié du chemin de retour lorsque j'arrive à la grande rue et la place centrale. Impossible de sauter de l'autre côté, et si je descendais, je serais à découvert, ce que je désire éviter à tout prix. J'espère avoir assez de temps pour préparer un sort de saut.

J'ai du mal à me concentrer, la magie semble changeante. Le ciel s'obscurcit. Un silence de mort règne un instant, avant qu'une colonne de lumière noire ne s'élève du port. J'entends distinctement du bois se briser en morceaux. Les craquements résonnent douloureusement à mes oreilles : l'Ambitieux n'est plus. Choqué, je laisse mont sort s'échapper. Je ne peux que murmurer.

- « Au temps pour les voyages en mer. Adieu veau, vache, cochon, couvée... ».

La nuée de mauvaises nouvelles ne faiblit pas : des soldats ennemis envahissent la place et coupe mon chemin de retraite.  Désemparé, je ne sais que faire...
Le salut arrive soudainement par ma gauche : une cavalcade retentit le long d'une voie menant à la place : Rouxpoil lancé au galop !

Au fin fond de l'Univers, à des ombres et des ombres de la cité d'Ambre,
Veille celui que le jeune et fringant Bérenger appelle.
Quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes,
Quand il ne reste plus aucun espoir :
Son cheval ROUXPOIL !
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Mer 18 Avr - 22:57

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. La chevauchée fantastique.

Je n'ai pas le temps de me demander comment Rouxpoil a pu arriver là. D'un saut parfaitement maîtrisé, j'arrive sur la selle de ma fidèle monture. Enfin fidèle, pas tant que cela, puisqu'elle refuse obstinément de répondre à mes ordres et se dirige bille en tête vers le rempart de la cité. Au moins nous semons les molosses et l'inquiétante forme noire lancés à notre poursuite. J'essaye de manipuler tant bien que mal la magie pour éviter que Rouxpoil ne s'écrase contre le mur, je ne voudrais pas heurter la susceptibilité de ce magnifique ouvrage défensif.

La magie m'échappe de plus en plus tandis qu'une terrible migraine résonne derrière mes tempes. Dans un dernier sursaut, je démultiplie la capacité de saut de mon cheval, et nous franchissons d'un énorme bond les murailles. Mes oreilles sifflent, mais j'ignore si cela vient de notre vitesse ou du hurlement que j'ai laissé échappé.

Une fois sorti de la cité, Rouxpoil accélère encore et galope droit devant lui. Nous laissons sur notre gauche la mer, où a sombré mes ambitions et l'Ambitieux. Je ne contrôle toujours pas ma monture, ses brusques écarts de conduite ne me laissent même pas l'opportunité de changer d'ombre.

Nous franchissons un bois, puis au bout d'une éternité, nous arrivons au sommet d'une colline boisée. Ma voix s'est cassée depuis longtemps à force de hurler des insanités. Mais nous nous arrêtons enfin...

Rouxpoil m'a conduit en face d'une forteresse érigée sur une excroissance rocheuse. Au sommet, je ne peux rater le haut donjon, où flotte une bannière blanche, déchirée par la tempête. Au pied, un gouffre profond s'ouvre dans la terre. Il semble s'agir d'une mine, des centaines d'esclaves circulent sur ses pentes afin de remonter d'énormes tas de déblais.

Un profond malaise m'envahit. Il a deux origines, le terrible spectacle devant moi, bien sûr. Mais aussi l'amère certitude de m'être fait manipuler. Qui m'a envoyé là et surtout pourquoi ?

Je descend de cheval. Rouxpoil est dans un piètre état, je m'empresse de le panser vigoureusement, puis le laisse se reposer. Je pense tout d'abord surveiller la mine, mais Rouxpoil me repousse légèrement du museau. Son regard me paraît désapprobateur. Pourtant, en observant le gouffre, je comprends que cette ombre est sur le point d'être engloutie. La réalité  semble se tordre, d'où une magie vacillante, au bord de s'éteindre. Il ne faudrait pas rester là trop longtemps.

Je surveille une patrouille de gardes, accompagnée par un molosse de sinistre mémoire, qui pénètre dans la forteresse, quand Rouxpoil pousse un hennissement soudain. Je lève les yeux. Au sommet du donjon, un homme quasiment nu vient de surgir, épée à main et l'air perdu.

Je parie que je suis là pour sauver ce crétin. Ma vie est décidément géniale.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Jeu 19 Avr - 23:44

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. L'évasion.

L'inconnu s'empare de l'oriflamme du donjon. Il détache le drapeau de sa corde pour s'en faire un vêtement de fortune. Puis il attache la corde et commence à descendre en rappel. L'alerte semble donnée, je distingue une forte agitation sur les remparts.

Brusquement, Rouxpoil hennit et s'élance vers la forteresse. J'ai le réflexe de saisir les rênes de mon cheval et de sauter en selle tandis qu'il se met à galoper comme la foudre vers la forteresse. Nous dévalons à grande vitesse la colline boisée qui fut un bref refuge. Je rétablis mon assise en pestant. Je comprends vite, il n'est pas besoin de m'expliquer aussi longuement. S'il faut sauver ce type, allons-y. Youpi...

Nous arrivons aux portes de la Forteresse, sur le point de se fermer, quand l'individu se glisse entre les battants. Epuisé, blessé et même manchot, il me semble sur le point de défaillir. Je le saisis au passage, arrive enfin à reprendre le contrôle de ma monture, et commence immédiatement une descente aux enfers. Je n'ai pas le temps pour la subtilité, nous devons nous éloigner la plus rapidement possible.

Le retour vers Ambre est particulièrement éprouvant. Rouxpoil n'en peut plus, et l'inconnu s'est évanoui. C'est bien ma veine, pour une fois que j'extirpe une personne d'un sombre donjon, c'est un manchot sale et émacié au lieu d'une jolie princesse. Il n'a vraiment pas l'air sympathique. Bon, Emetrios non plus, mais ce gars c'est pire. Ce qui n'est pas peu dire.

Je finis par arriver fourbu en Arden, tenant Rouxpoil par la bride, l'inconnu attaché sur ma monture tel un fagot mal fagoté.
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Jeu 19 Avr - 23:58

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. La Chimère non apprivoisée.

Si j'avais eu de la chance, je serais tombé sur mon oncle Julian, protecteur d'Arden. Ma déveine étant légendaire, c'est sa fille qui m'a trouvé, Victoire. Ma cousine est une véritable chimère, et allie un coeur de lion à une langue de vipère et une cervelle de chèvre : assez futée donc, mais exaspérante, têtue et capricieuse.

Accompagnée d'une troupe de veneurs, elle devait chasser avant de nous apercevoir. A cheval, entourée de dogues puissants et faucon sur l'épaule, c'est pourtant son caractère de cochon que je remarque le plus. Elle commence par se moquer de moi, avant de découvrir mon compagnon. En colère, elle m'accuse alors d'avoir abandonné Emetrios et de ramener un individu potentiellement dangereux en Arden. Elle n'a pas tout à fait tort, mais il est hors de question de l'admettre. Je m'efforce de me montrer affable, autant ne pas se fâcher davantage avec une cousine, surtout quand elle est sur son territoire. Je lui explique en quelques mots le désastre de mon expédition et l'évasion rocambolesque de l'individu derrière moi.

Après quelques autres amabilités sur mon piteux état, qui aurait été évité si elle m'avait accompagné, Victoire daigne nous conduire à un relais de chasse afin que nous puissions nous reposer. Je laisse l'étranger aux mains des gardes d'Arden, décline la chambre proposée, et va à l'écurie m'occuper de Rouxpoil. L'harnachement enlevé, je le fais manger et boire tandis que je le panse soigneusement. Puis je m'allonge sur la paille, tête sur ma selle, et m'endors immédiatement.

Au matin, une collation m'attend dans le bâtiment principal. Le manchot est déjà présent, il se présente : son nom est Astragor. Voilà qui ne m'aide guère. Il semble vouloir me remercier, mais je l'interromps aussitôt.

- "Votre sauveur est dans l'écurie et s'appelle Rouxpoil. Si vous voulez le remercier, il adore les carottes. Je suppose toutefois que vous devriez être plutôt reconnaissant envers la personne qui a envoyé MON cheval à VOTRE rescousse. J'aimerais bien savoir qui c'est d'ailleurs. Vous n'auriez pas une idée ? Sinon, vous jouer souvent à la princesse en danger ? Vous n'avez pas du tout le physique du rôle, belle performance d'acteur en tout cas."

Au lieu de me répondre, Astragor remplit un saladier de légumes et sort en direction de l'écurie. Ce gars est étrange. Je m'empiffre de toute la nourriture fournie : pains, fromages, viandes grillées, miel, fruits et vins en abondance. Puis, repu, je rentre à l'écurie.

Bizarrement, Rouxpoil n'a plus l'air d'apprécier Astragor : il piaffe, fait claquer un sabot sur le sol et fouette l'air avec sa queue. Je suppose que son ensorcellement a pris fin. Un palefrenier s'est occupé de mon cheval pendant que je me restaurais. Voilà qui est bien. Toutefois, les hommes semblent aussi nerveux que mon cheval devant le manchot, et nous nous retrouvons vite seuls dans l'écurie. J'essaye de l'interroger, mais ses propos décousus me font craindre un traumatisme crânien. Résistant à l'envie de soigner le mal par le mal avec un bon coup sur la tête, je fais l'effort de me présenter et de lui expliquer où il est : en Arden, à la frontière du royaume d'Ambre.

Le discours d'Astragor est confus, mais j'arrive à comprendre :
- qu'il s'appelle Astragor, fils Divin de la 13ème dame de l’Arcana Gena ANCHAR, Surveillante de la plaine des ossements. C'est un bâtard d'une fille cadette d'un duc du Chaos, exilée dans le Cercle Noir (bon, un chaosien, cela commence mal).
- qu'il chassait quand des molosses l'ont attaqué et rabattu vers des hommes d’armes qui ont fini par le capturer (je flatte l'encolure de Rouxpoil, sans lui, j'aurai pu connaître le même sort).
- qu'il a été torturé par un sorcier, qui lui a murmuré : "... Je ne pensais pas les descendants de Dworkin disposaient de tant de ressources..." puis " ... fils de voleurs ...". (tout cela est fort inquiétant et doit être rapporté au roi).
- qu'il me prend pour l'un des gardes de Victoire (ce qui confirme de toute évidence le traumatisme crânien).

Quand on parle du loup, il pointe le museau. Victoire entre alors dans l'écurie, toutes griffes dehors. Les amabilités recommencent, et notre dialogue vire vite à l'aigre :
- "Vous avez dormi comme deux belles princesses. Mais il me semble maintenant, si ses messieurs sont suffisamment reposés, que nous avons un membre de la famille à retrouver. Vous savez, celui que vous avez égaré dans votre fuite..."
Hors de question que je parte chercher Emetrios, elle n'a qu'à y aller seule, cela me fera des vacances.
- "Chère cousine, je ne suis pas un bon combattant, comme vous le savez bien. Et Astragor est mutilé, il serait une piètre assistance. De plus, j'étais parti pour une mission de reconnaissance, et j'estime avoir rempli ma tâche. Les renseignements précieux qu'Astragor et moi avons recueillis doivent être communiqués au roi.
Enfin, le danger est bien trop grand, l'ennemi est beaucoup plus puissant que prévu. La perte d'Emetrios est regrettable, le sauver serait un exploit remarquable, mais nous en sommes tout simplement pas capables."
Victoire se fâche toute rouge. Cela ne lui va pas du tout.
- "Misérables lâches. Vous laisseriez l'un des nôtres derrière vous sans aucun remord ? Je ne connais pas l'ombre où vous vous êtes rendus. Cela m'obligerait à faire une descente en me concentrant exclusivement sur Emetrios, s'il est encore en vie. Si nous y allons ensemble, Bérenger, tu pourras modeler ombre jusqu'à notre destination et je couvrirai nos arrières. Quant aux infos, vous n'avez rien. Mais vous semblez vouloir vous ridiculiser devant le roi avec ce néant. Je suppose aussi que beaucoup serons ravis de voir que le fils prodigue, formé par son père, n'est bon qu'à faire pousser des fleurs et à trousser des ombriennes."
Il s'agit sûrement d'une insulte, mais Victoire m'a habitué à mieux : je n'ai aucun talent en jardinage, n'ayant que peu de patience, et passer son temps à chevaucher et étudier n'aide pas à faire des rencontres. Elle doit me confondre avec quelqu'un, ce serait bien le genre de Tristan. Victoire crache ensuite en destination d'Astragor. Je m'écarte, sa bave pourrait abîmer le cuir de mes bottes.
- "Quand à vous, vos petites fesses ont été sauvées par accident. Je n'hésiterai pas à vous remettre dans une cellule et à vous laisser croupir à l'intérieur jusqu'à la fin des temps. Nous verrons bien cette fois quel tour vos petit protecteur mettra en scène, puisqu'il a l'air d'aimer le théâtre."
Je ricane.
- "Ni remord, ni regret, chère cousine. Le plan lamentable d'Emetrios a échoué. Tant pis pour lui. Mais si tu veux le rejoindre, vas-y. La porte est grande ouverte. Vis ta vie, Victoire. Mais sans moi."
Victoire devint toute blanche, ce qui n'est pas très bon signe. Elle siffle, fait de grands gestes et nous met dehors d'une voix glaciale.
- "Faites préparer la monture de mon cousin et une de plus pour son invité. Ils me paraissent assez reposés."

Au bout d'un bref laps de temps, nous nous retrouvons seuls, Astragor et moi, avec nos chevaux.


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Ven 20 Avr - 0:01

Bérenger a écrit:
Si j'avais eu de la chance, je serais tombé sur mon oncle Julian, protecteur d'Arden. Ma déveine étant légendaire, c'est sa fille qui m'a trouvé, Victoire. Ma cousine est une véritable chimère, et allie un coeur de lion à une langue de vipère et une cervelle de chèvre : assez futée donc, mais exaspérante, têtue et capricieuse.

Et on se demande pourquoi certains ont du mal à se faire des amis. Victoire est si serviable !


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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 22 Avr - 23:49

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. De l'utilité d'un bon interrogatoire.

Maintenant que je me suis fort habilement débarrassé de Victoire (il va falloir que j'évite Arden un certain temps), je prépare rapidement Rouxpoil pour le départ. Toutefois, il reste à déterminer le sort d'Astragor. Aux grands maux les grands remèdes, autant profiter de sa faiblesse passagère. Je pose une main amicale sur son épaule valide, et le regarde droit dans les yeux.

- "Que veux-tu faire maintenant, Astragor ?"

Je n'écoute pas un mot de sa réponse, et tente immédiatement d'opérer un contact mental afin d'obtenir enfin des réponses.

- "Es-tu un ennemi d'Ambre ?"
Posée d'un ton badin, la question parait anodine. Je lis dans son esprit : s'il n'est pas vraiment un ami d'Ambre, qu'il semble mal connaître, ce n'est sûrement pas un ennemi. Je perçois qu'avoir un ennemi en commun devrait nous rapprocher.

- "Qui t'as torturé et comment ?"
Astragor ignore le nom de son kidnappeur. J'aperçois le visage d'un sorcier, que je ne reconnais pas non plus. Astragor n'a pas vraiment été torturé pour obtenir des informations, il semble plutôt s'agir d'une prise d'otage ou d'un prélèvement régulier de sang pour des expériences, sans doute répugnantes. Beurk.

- "Que sais-tu de ton parent ambrien : de ton père, et comment as-tu passer la Marelle ?"
Je commence à fatiguer tandis que l'esprit d'Astragor se rebelle. Heureusement, il est encore faible et j'arrive quand même à discerner quelques images.
Astragor n'a pas connu son père, et sa mère a toujours refusé de répondre à ses questions. Il se souvient de visites régulières d'un homme, mais ses traits restent flous. Il lui a expliqué une fois que son père ne pouvait s'occuper de lui et que c'était lui qui veillait à sa sécurité en attendant de jours meilleurs. L'image de la Marelle est celle de Tir Na Nog.

le contact se rompt brusquement. Astragor hoquète, des pointes ont poussé sur ses épaules, il a vaguement pris une forme démoniaque. Mon parent est décidément plein de surprises, et maîtrise le pouvoir de Métamorphose de nos ancêtres chaosiens. Il est temps d'enjoliver un peu la situation.

- "Désolé pour la méthode, mais il fallait que je sache si je pouvais te faire confiance. Je t'ai évité un long séjour en prison, et les interrogatoires rugueux de tonton Gégé, qui aime tant broyer des os... En fait, tu devrais même me remercier de tout ce que fais pour toi."

Astragor un peu sonné et distrait reprend forme humaine. Bien qu'un peu réticent, il finit accepter mon explication. Ce qui n'est que justice. Franchement, j'ai sauvé son cul, c'était un minimum de vérifier son histoire fumeuse. Je lui demande ensuite s'il serait volontaire pour une expédition en vue de capturer le mystérieux sorcier qui a prélevé son sang. Sa réponse me stupéfie... Il préfèrerait capturer un molosse. Exactement le même plan qu'Emetrios avait proposé !
La fascination pour l'espèce canine est donc un trait atavique de notre famille. Il va falloir penser à changer de blason. Pourtant, interroger un cabot ne devrait pas permettre d'aller bien loin. Une fois qu'il aura dit "ouaf, ouaf", nous serons bien avancés. Alors que ce sorcier semble en savoir beaucoup. En tout cas plus qu'un molosse.

Bon, au vu des derniers évènements, autant rentrer au château faire mon rapport. Je pourrais détourner l'attention de mon cuisant échec en brandissant Astragor. Au moins il va servir à quelque chose.

Le trajet d'Arden au château se passe sans encombre : l'ennemi n'a pas encore pénétré aussi loin dans nos défenses. J'en suis fort soulagé. Un voyage paisible entre deux fuites éperdues pour sauver sa peau, cela fait toujours plaisir (il faut savoir se contenter de peu). Arrivé au Palais, je descend de cheval. J'espère qu'il reste quelqu'un à qui je pourrais refiler présenter Astragor.


Dernière édition par Bérenger le Mer 25 Avr - 8:22, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Dim 22 Avr - 23:58

Mauvais garçon !
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Lun 23 Avr - 0:01

Bérenger a écrit:
message précédent édité.

Journal Avisé, Résumé Des Incidents Notables. Retour au château.

Maintenant que je me suis fort habilement débarrasser de Victoire (il va falloir que j'évite Arden un certain temps), je prépare rapidement Rouxpoil pour le départ. Toutefois, il reste à déterminer le sort d'Astragor. Aux grands maux les grands remèdes, autant profiter de sa faiblesse passagère. Je pose une main amicale sur son épaule valide, et le regarde dans les yeux.

- "Que veux-tu faire maintenant, Astragor ?"

Question à laquelle le MJ aimerait BEAUCOUP avoir une réponse...
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MessageSujet: Re: Bérenger, étudiant pressé   Mer 25 Avr - 0:19

Message édité.

Je ne peux aller beaucoup plus loin puisque j'ai quasiment rattrapé le présent.
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